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    La poésie de Kenneth White

    Un #lundipoésie voyageur aux pages grand ouvertes avec les textes de Kenneth White, poète d’origine écossaise. J’ai beaucoup tourné autour de cet auteur et mes premières rencontres avec ses poèmes ont été difficiles. Je ne sais plus pourquoi maintenant tellement je les aime, mais les mots me semblaient pédants, compliqués. Le recueil “Un monde ouvert, anthologie personnelle” publié chez Gallimard m’a permis de plonger avec simplicité dans son univers. J’espère que vous l’apprécierez, vous aussi.Je vous partage le poème “Après-midi d’Automne” traduit de l’anglais par sa femme Marie-Claude White. “Grand silenceici sur la côteà quelques milles au nordde la Rivière-au-Tonnerre je bois ce qui reste de whiskyen regardant les feuilles d’érablebrûler dans…

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    The Dutch house, Ann Patchett.

    “There are a few times in life when you leap up and the past that you’d been standing on falls away behind you, and the future you mean to land on is not yet in place, and for a moment you’re suspended knowing nothing and no one, not even yourself.“ Lorsque Cyril Conroy devient l’heureux propriétaire de la “maison hollandaise” – sorte de folie architecturale à la démesure digne d’un conte – il embarque sa femme et ses enfants dans une vie à laquelle rien ne les avait préparés. Vivant jusqu’à lors dans une relative pauvreté ceux-ci se retrouvent soudainement dotés d’une gouvernante et d’une cuisinière ainsi que d’une maison…

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    L’automne d’Apollinaire

    J’ai du mal à y croire mais demain ce sera déjà le début de l’Automne… alors pour ce #lundipoésie je reviens à mes classiques en vous proposant le poème “Signe” d’Apollinaire, une célébration incomparable de cette “saison mentale”. “Je suis soumis au Chef du Signe de l’AutomnePartant j’aime les fruits je déteste les fleursJe regrette chacun des baisers que je donneTel un noyer gaulé dit au vent ses douleursMon Automne éternelle ô ma saison mentaleLes mains des amantes d’antan jonchent ton solUne épouse me suit c’est mon ombre fataleLes colombes ce soir prennent leur dernier vol.“ Bon début de semaine à toutes et à tous !

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    Personne ne sort les fusils, Sandra Lucbert.

    “La société, qu’on le veuille ou non, nous rentre dedans. Répétitivement, elle s’incruste, elle nous pioche, elle grave en nous ses marquages.“ De Mai à Juillet 2019 se tient le procès de France Telecom Orange dont les dirigeants sont accusés d’avoir organisé sciemment la maltraitance des salariés, les conduisant parfois à la mort. Le procès est public, les comptes-rendus accessibles.L’auteure les a lu et a été saisie, glacée par le langage des accusés et de leur organisation : un langage froid, machinal où les individus n’existent plus en tant que tels. A ce premier choc s’ajoute la réalisation que le monde de la justice est également gangréné par ce langage…

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    The cost of living, Deborah Levy.

    “When our father does the things he needs to do in the world, we understand it is his due. If our mother does the things she needs to do in the world, we feel she has abandoned us. It is a miracle she survives our mixed messages, written in society’s most poisoned ink. It is enough to drive her mad.” Encore un coup au plexus et au cerveau avec ce deuxième chapitre du récit mi-autobiographique mi-réflexif de Deborah Levy qui poursuit, après “Things I don’t want to know”, son travail sur le fait d’être une femme, qui plus est une mère, et d’écrire aujourd’hui.C’est toujours futé, plein de malice et…

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    Danseur d’herbe, Susan Power

    Traduit de l’américain par Danièle et Pierre Bondil. ” Au lieu de cela, je lui dis :– Nous refusons de nous laisser avilir.Il demeura bouche bée, sa langue pointant puis se retirant comme celle d’un crapaud aux aguets. Il ravala les mots qu’il s’apprêtait à prononcer. J’en appréhendai rapidement la raison. Dans la vision du monde qui était sienne, nous étions déjà un peuple avili qu’il avait l’intention d’élever, à lui tout seul, jusqu’au royaume radieux de la civilisation.” L’histoire d’une famille d’indiens sioux du Dakota à travers les âges racontée par les liens entre ses femmes, les savoirs, les légendes et les dons transmis. Comment être digne de ses…

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    La poésie de Nâzim Hikmet

    Un #lundipoésie qui palpite et qui persiste malgré tout avec les poèmes de Nâzim Hikmet rassemblé dans la très belle anthologie “C’est un dur métier que l’exil” publié @letempsdescerisesediteursLe poète turc ayant vécu longuement en exil ou en prison pour ses convictions politiques chante la vie avec constance. J’ai choisi pour vous un extrait issu de “Lettres et poèmes” écrit entre 1942 et 1946 et adressé à la femme qu’il aime. “Je te dirai quelque chosed’une importance capitaleL’homme change de naturequand il change de lieu.J’aime effroyablement icile sommeil qui vient comme une main amieouvrir les verrous de ma porteet renverser les murs qui m’enferment.Comme dans la comparaison banaleje me laisse aller dans le…

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    Les saisons, Maurice Pons.

    “Je façonne mes mots, avec des voyelles et des consonnes que j’accroche les unes aux autres, un peu à la façon du vannier. Mais avec mes petits paniers, mes corbeilles, j’essaye d’attraper la beauté.“ Un homme, échappé d’une horreur qui l’habite encore, arrive dans un village reculé avec l’intention de coucher son expérience sur le papier. Le village subit un climat singulier : une saison de quarante mois de pluie et une saison de quarante mois de glace. Les habitants sont frustres, subsistent en se nourrissant uniquement de lentilles, ont des mœurs pour le moins étonnantes et font un accueil tout relatif à ce visiteur. Son intégration progressive se fera…

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    Sauveur & Fils, saison 5, Marie-Aude Murail.

    “– J’aime bien cette phrase de Malraux, dit-il : « Pour l’essentiel, l’homme est ce qu’il cache : un misérable petit tas de secrets. » Mais si je l’affichais dans mon cabinet, je crois que ça vexerait les gens.” Petite lecture doudou, je retrouve sans effort Sauveur et sa bande, un plaisir léger et facile à lire… même si je suis un peu déçue par celui-ci qui me semble (pour la première fois) un peu trop simpliste. Je trouve que l’aspect “éducatif” est trop perceptible.

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    Les enfants verts, Olga Tokarczuk

    Traduit du polonais par Margot Carlier. ” Selon moi, le monde est constitué de cercles gravitant autour d’un seul point. Il faut savoir que cet endroit unique, appelé centre du monde, varie avec le temps ‒ jadis, ce fut Rome ou Jérusalem, à présent c’est sans conteste la France, et particulièrement Paris. Ces cercles, on pourrait les tracer avec un compas à verge. La règle est simple ‒ plus on est proche du centre, plus tout paraît véritable, concret, palpable, plus on s’en éloigne, et plus le monde semble flou, telle une toile blanchie par l’humidité. De plus, ce centre du monde se présente comme légèrement surélevé, de sorte que…