• Portrait de femme/ Mon héroïne

    Portrait de femme, Harriet

    Cinquième portrait de femmes de fiction qui m’ont nourrie : un personnage d’artiste en lutte pour être reconnue comme telle, Harriet Burden l’héroïne d’Un monde flamboyant de Siri Hustvedt. Harriet Burden est plus connue sous le nom de Harry. Un prénom masculin porté autant comme un paravent que comme un fardeau (tel que l’indique son nom de famille). Elle est artiste plasticienne mais demeure méconnue de son vivant, son œuvre étant occultée par la carrière de son mari marchand d’art. A la mort de celui-ci, elle se lance dans une grande supercherie et organise trois expositions de son travail en les faisant présenter comme l’œuvre de trois hommes différents. Elle…

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    On earth we are briefly gorgeous, Ocean Vuong.

    “I am writing you from inside a body that used to be yours. Which is to say, I am writing as a son.“ L’auteur prend la plume et, sous forme de lettres, s’adresse à sa mère vietnamienne réchappée de la guerre. Un courrier intime et universel où les questions d’ancrage, de filiation, d’amour, d’identité, de langue, de perte et de traumatismes s’entremêlent avec lyrisme. Bon, je n’aurais pas attendu longtemps après avoir découvert sa poésie (et grâce au rappel bienveillant @ledevorateur 😉) pour me plonger dans ce texte personnel…Impossible de vous dire en détail toute sa richesse tant chaque mot se déplie et s’intensifie au fur et à mesure des pages. J’ai…

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    The Dutch house, Ann Patchett.

    “There are a few times in life when you leap up and the past that you’d been standing on falls away behind you, and the future you mean to land on is not yet in place, and for a moment you’re suspended knowing nothing and no one, not even yourself.“ Lorsque Cyril Conroy devient l’heureux propriétaire de la “maison hollandaise” – sorte de folie architecturale à la démesure digne d’un conte – il embarque sa femme et ses enfants dans une vie à laquelle rien ne les avait préparés. Vivant jusqu’à lors dans une relative pauvreté ceux-ci se retrouvent soudainement dotés d’une gouvernante et d’une cuisinière ainsi que d’une maison…

  • Portrait de femme/ Mon héroïne

    Portrait de femme : Dalva

    Deuxième portrait de femme de fiction qui m’ont nourrie : un personnage rebelle qui m’a embarquée avec elle dans les grands espaces américain, Dalva l’héroïne du roman éponyme de Jim Harrison.Dalva est américaine, elle porte en elle une part de sang indien et – dans ce métissage – tout le tumulte d’un pays construit sur l’arrachement, le déni de la nature et la violence des rapports de force. A plus de 40 ans elle se plonge dans l’histoire de sa filiation – bouleversée par son autre quête, celle de l’enfant qu’elle a eu à 15 ans et qu’elle a dû abandonner.Le roman n’est pourtant pas le récit d’une destinée féminine…

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    The cost of living, Deborah Levy.

    “When our father does the things he needs to do in the world, we understand it is his due. If our mother does the things she needs to do in the world, we feel she has abandoned us. It is a miracle she survives our mixed messages, written in society’s most poisoned ink. It is enough to drive her mad.” Encore un coup au plexus et au cerveau avec ce deuxième chapitre du récit mi-autobiographique mi-réflexif de Deborah Levy qui poursuit, après “Things I don’t want to know”, son travail sur le fait d’être une femme, qui plus est une mère, et d’écrire aujourd’hui.C’est toujours futé, plein de malice et…

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    Brasier Noir, Greg Iles.

    Traduit de l’anglais par @aurelie_tronchet_gestalt “Il disait que pardonner à quelqu’un ne veut pas dire…que cette personne ne doit pas…payer pour ce qu’elle a fait. Mais ça regarde Dieu, disait-il. Haïr quelqu’un ne fait que t’empoisonner, pas la personne en question.“ Le jeune maire blanc de Natchez, Mississipi, apprend un beau jour que son père – médecin réputé pour sa droiture – est accusé du meurtre de l’infirmière noire avec laquelle il travaillait dans les années 60. Il comprend peu à peu, malgré le silence obstiné de son père, que l’origine de ce drame et de ces accusations sont liés à un groupuscule raciste ultra-violent dérivé du Klu Klux Klan. Accompagné…

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    Night Sky with Exit Wounds, Ocean Vuong

    Un #lundipoésie essentiel avec le recueil poétique d’Ocean Vuong, poète vietnamien et américain, Night Sky with Exit Wounds. Des textes profonds et bouleversants qui évoquent, entre autre, le lien à la mère, l’amour, l’homosexualité, l’exil, la douleur et la résilience en héritage. J’en suis encore soufflée… Il a été très difficile de choisir quel poème vous partager. J’ai finalement retenu “Headfirst”. “Don’t you know? A mother’s love neglects pride the way fire neglects the cries of what it burns. My son, even tomorrow you will have today. Don’t you know?There are men who touch breasts as they would the tops of skulls. Men who carry dreams over mountains, the dead on their…

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    When women were birds, Terry Tempest Williams.

    “Once upon a time, when women were birds, there was the simple understanding that to sing at dawn and to sing at dusk was to heal the world through joy. The birds still remember what we have forgotten, that the world is meant to be celebrated.” Dans la poursuite de “Refuge” dont je vous parlais il y a peu et qui continue de m’habiter, j’ai donc lu ce texte personnel, sorte de méditation sur la transmission entre femmes, le pouvoir des histoires et la force des mots.La mère de Terry Tempest Williams lui transmet ses journaux personnels en lui demandant de ne les ouvrir qu’à sa mort. Après son décès,…

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    Intérieur nuit, Marisha Pessl.

    Traduit de l’anglais par Clément Baude. “La menace que l’on sent mais qu’on ne voit pas, nourrie par l’imagination, cette menace-là est éprouvante, écrasante. Elle vous détruit avant même que vous ayez quitté votre chambre, votre lit, avant même que vous ayez ouvert les yeux et respiré.” Stanislas Cordova est le maître des films d’épouvante. Il vit reclus et chacun de ses films est analysé par une communauté de fans qui l’a érigé en maître à penser, en faisant une figure inquiétante et souveraine.Le journaliste McGrath, discrédité auprès de tous pour s’être laissé emporté par ses croyances sur le réalisateur, reprend son enquête alors que la fille de celui-ci est…

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    Jonny Appleseed, Joshua Whiteman.

    // EN VACANCES// “Yeah, an NDN home is like a dandelion : pretty but disposable, and imbued with a million little seeds that dissolves into wishes for little white hands that pluck.“ Jeune bispirituel dans le désordre de Winnipeg, Jonny se prépare à revenir dans sa réserve natale pour enterrer son beau-père. Les 7 jours qui le séparent de ce retour symbolique sont l’occasion pour lui, tout en intensifiant ses shows érotiques tarifés pour rassembler l’argent du voyage, de se remémorer les éléments essentiels de son enfance. De ce cheminement se dégagent l’affection décisive de sa grand-mère et de sa mère, son amour pour son ami d’enfance et la conviction…