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    La poésie de Jim Harrison

    Un #lundipoésie américain avec Jim Harrison, un auteur dont j’ai beaucoup aimé les romans et la légende personnelle mais dont j’ai découvert la poésie très tardivement…Des textes d’inspiration zen mais toujours avec le franc parler terrien de l’ecrivain américain. Je partage avec vous le poème 42 du recueil L’éclipse de lune à Davenport dans cette belle édition bilingue chez #lapetitevermillon.Ce poème me saisit de sa justesse. “Les gens d’intérieur craignent l’extérieur ; et vice, et versa.Je ne suis pourtant jamais dedans ou dehors qu’à moitié, Mieux à l’aise et chez moi dans cette angoisse-là,Sachant tomber plus bénéfique à ma nature.Fort efficace à la renverse, ou resserré pour tanguer sous le vent, et imiter la…

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    La séquestrée, Charlotte Perkins Gilman.

    Traduit de l’anglais par Diane de Margerie. “Si un médecin de haut niveau, votre propre mari qui plus est, se porte garant auprès des amis et des membres de la famille que vous n’avez rien – tout juste une simple dépression passagère, un léger penchant à l’hystérie – que peut-on faire ?“ Une jeune accouchée est menée par son mari dans une maison de campagne pour quelques semaines afin qu’elle se repose et s’apaise. De convalescente, elle devient recluse ou séquestrée- passant ses journées dans sa chambre à observer le papier peint qu’elle trouve laid et inquiétant. Peu à peu celui-ci devient son seul univers et s’anime de figures étranges alors…

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    A widow’s story, Joyce Carol Oates.

    “For the widow inhabits a tale not of her own telling.”   JCO aura vécu plus de 40 ans auprès de son mari. Une vie commune fondée sur des centres d’intérêt partagés, de grandes discussions, des amitiés mêlées et les gestes domestiques du quotidiens.  Lorsqu’il meurt soudainement à 77 ans d’une complication liée à une hospitalisation, l’auteure est éperdue de peine et perd tous ses repères.   Elle rédige alors ce texte qui raconte son “chemin de croix” dans le veuvage.  J’ai trouvé ce livre passionnant : l’auteure décortique sa douleur et ce que la société américaine attend des veuves, célèbre la force de l’amitié et de l’écriture. Elle conserve son ton froid et distancié comme dans ses romans…

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    L’apprenti assassin (L’assassin royal 1), Robin Hobb.

    // EN VACANCES // Traduit de l’anglais par A. Mousnier-Lempré. “Est-il dans la nature du monde que toute chose aspire à un rythme, et dans ce rythme à une sorte de paix ? C’est en tout cas ce qu’il m’a toujours semblé. Tous les événements, aussi cataclysmiques ou bizarres soient-ils, se diluent au bout de quelques instants dans les habitudes de la vie quotidienne.“ Lorsque l’on apprend l’existence du jeune Fitz, bâtard du Prince Chevalerie, un grand jeu tactique se met en place pour en faire un artisan de la défense des Six Duchés.Haï par certains, utilisé par d’autres, le jeune enfant est séparé de sa mère et placé en…

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    La physique des catastrophes, Marisha Pessl.

    // EN VACANCES // Traduit de l’anglais par Lætitia Devaux. “Mais surtout, surtout ma chérie, n’essaie jamais de modifier la structure narrative d’une histoire autre que la tienne, ce que tu seras sans doute tentée de faire, à l’école ou dans la vie, à la vue de ces pauvres hères qui prennent bêtement des tangentes dangereuses et font des digressions fatales dont ils n’ont probablement aucune chance de s’extirper. Résiste à la tentation. Consacre ton énergie à ta propre histoire. Travaille-la. Améliore-la.“ Après la mort de sa mère, une jeune fille et son père vivent de villes en villes aux États-unis. Ils sont intellectuellement brillants et observent le monde en…

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    La loterie et autres contes noirs, Shirley Jackson / Miles Hyman.

    Traduit de l’anglais par Fabienne Duvigneau. “Le matin du 27 juin était clair et radieux, annonçant la chaleur d’une journée de plein été ; les fleurs s’épanouissaient à profusion et l’herbe était d’un vert luxuriant. La population commença à se rassembler sur la place, entre le bureau de poste et la banque, aux environs de dix heures. Dans certaines bourgades, il y avait tellement de monde que la loterie durait deux jours et devait être organisée dès le 26 juin, mais ici, avec seulement trois cents habitants, l’opération tout entière ne prenait que deux heures, de sorte qu’en débutant à dix heures du matin, elle se terminait à temps pour…

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    La chute des princes, Robert Goodrick.

    Traduit de l’américain par Marie de Prémonville. “Quand vous craquez une allumette, la première nanoseconde elle s’enflamme avec une puissance qu’elle ne retrouvera jamais. Un éclat instantané, fulgurant. L’incandescence originelle. En 1980, j’ai été l’allumette. Cette année-là, je me suis embrasé pour n’être plus qu’une flamme aveuglante.” Dans le New-York des années 80 les golden boys – traders ou publicitaires – s’enivrent d’argent et de leur propre puissance jusqu’au vertige… Rooney, le narrateur qui mêle son histoire à celle autobiographique de l’auteur, a fait partie de cette meute insouciante méprisant les pauvres gens et claquant aussi vite qu’il l’avait gagné des sommes d’argent folles.Mais cette vie de de plaisirs portait…

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    L’esclave libre, Robert Penn Warren.

    Traduit de l’américain par JC Chauffeteau et G Vivier. “Avant ce moment, qui donc avais-je été, moi, Amantha Starr ? J’avais été définie par le monde qui m’entourait – par les grands arbres et l’âtre rougeoyant de Starrwood, par les classes nues et les cantiques d’Oberlin, par les visages amicaux et pleins de sollicitude qui s’étaient penchés sur moi. Les visages de tante Sukie, de Shaddy, de Miss Idell, de Mrs Turpin, de mon père, de Seth Parton. Et maintenant qu’ils étaient loin, fondus dans le désert de l’absence, je n’étais plus rien.Car en moi-même, par moi-même (du moins était-ce ce qu’il me semblait), je n’avais rien été. Je n’avais…

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    Mudwoman, Joyce Carol Oates.

    Traduit de l’américain par Claude Seban. “Il fallut qu’elle fut retrouvée pour qu’on se rende compte qu’elle avait disparu. Des dizaines d’années plus tard, elle soumettrait ce casse-tête à un colloque de philosophie. Si les mots cessent d’exister, leur sens cesse-t-il d’exister lui aussi ?“ Une jeune enfant est abandonnée dans la vase par sa mère pour y mourir. Un inconnu lui sauve la vie, une famille d’adoption lui donne un nouvel ancrage.La petite fille perdue devient une femme puissante : intellectuelle respectée, professeur remarquée et enfin présidente d’université. Elle rayonne en solitaire dans un univers majoritairement masculin.Un retour sur les bords de la Snake River où tout a commencé la…

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    Viens voir dans l’Ouest, Maxim Loskutoff

    Traduit de l’américain par Charles Recoursé..“Je me suis demandé si mes parents avaient déjà connu des journées comme celle-ci, quand j’avais l’âge de Gigi. Si tout le monde connaissait des journées comme celle-ci. Marcher trop longtemps, aimer trop fort. Si les blessures finissaient par se refermer, ou s’il fallait vivre avec les cicatrices, parfois cachées, parfois non. Fragiles dans ce monde avec tant à perdre.“ Douze nouvelles au cœur d’un Ouest américain fidèle à son image historique : farouche, dangereux et représentatif d’un pays qui semble vivre sous la constante menace d’un écroulement intérieur.J’ai eu du mal à rentrer dans l’écriture mais les nouvelles ont fonctionné pour moi de façon…