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    Les poèmes d’Andrée Chedid

    Pour ce #lundipoésie je reviens à Andrée Chedid dont j’ai à nouveau acheté un recueil @librairie_la_flibuste 😊 J’y ai retrouvé un poème que j’aimais énormément et qui me touche encore plus maintenant que j’ai une petite fille.Il s’agit du poème Brève Invitée que l’auteure dédie à sa fille dans le recueil “Seul, le visage” publié en 1960. “Ma lande mon enfant ma bruyèreMa réelle mon flocon mon genêt,Je te regarde demain t’emporteOù je ne saurais aller.Ma bleue mon avril ma filanteMa vie s’éloigne à reculons,A toi les oiseaux et la lampeA toi les torches et le vent.Mon cygne mon amande ma vermeilleA toi l’impossible que j’aimaisA toi la vie, sel et soleil,A toi, brève…

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    Ça fait longtemps qu’on s’est jamais connu, Pierre Terzian.

    “Encore enveloppées de rêves, les têtes se dressent. Lentement. Les consciences fragiles. Même les pires garnements sont comme tombés du ciel. Tout échevelés. Assis sur leur matelas. Inoffensifs. Certains viennent directement vers moi, pour un câlin.Juste avant le dodo, je leur criais dessus dessus. Les larmes ruisselaient. On efface tout. On cicatrise. On se paie une deuxième chance.” L’auteur débarque au Québec pour y rejoindre son épouse et y poursuivre son métier d’écrivain. Pour gagner un peu d’argent il commence à faire des vacations dans les garderies Montréalaises et se trouve ainsi plongé sans avertissement dans le tumulte enfantin de la ville. J’ai dégusté ce récit bouillonnant de vie, mêlant…

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    La poésie de Madeleine Riffaud

    En ce #lundipoésie particulier où le déconfinement nous enivre autant qu’il nous angoisse, je vous propose un poème militant pour des lendemains qui chantent.Il est écrit en 1946 par Madeleine Riffaud, poétesse de 21 ans au passé de résistante et d’activiste déjà intense. Elle le dédie à Paul Eluard. “La liberté c’est ce cours d’eauQui vient passer sur ta maison.Tous les gens de la rue y puisent à pleins seauxLes filles fatiguées y viennent se baignerLe soir, quand la sirène ouvre les ateliers.Et l’on y lave, aussi, les vestes de travail..Je te regarde face à faceEt je vois l’eau du fleuveAux hublots de tes yeux..Tu t’en vas sur le fleuve,Avec le fleuve,…

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    Les recettes de la vie, Jacky Durand.

    “Pour moi, tu es le maître du feu; un magicien quand tu fais gonfler la brioche ; un perceur de coffre-fort quand tu ouvres les huîtres ; un roi mage quand tu fouettes la crème Chantilly et que tu fais fondre pour moi du chocolat noir. La cuisine embaume la brioche qui dore et l’orange pressée. C’est la saison des sanguines. Tu les pèles à vif et me laisses placer les tranches sur une assiette. Tu ajoutes quelques gouttes d’eau de fleur d’oranger. Tu dis que ça te rappelle l’Algérie.” Un hommage vibrant d’amour et d’appétit pour un père généreux, plus doué pour la cuisine que pour les conversations intimes.Julien…

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    La poésie de Cécile Coulon

    Pour ce #lundipoésie je retourne à cette très belle anthologie publiée chez @editions.bruno.doucey qui me semble parfaitement appropriée pour ce mois de Mai… J’ai choisi le poème “Une fois par jour” de Cecile Coulon, extrait de son recueil Les ronces. Je n’ai jamais rien lu de cette auteure à part ce poème qui me donne envie de poursuivre ma découverte ! “Une fois par jour quelqu’un que je ne connais pasMe demande mon avis sur des chosesQui ne me regardent pas,– Comment faire pour se remettre d’une rupture –– Est ce que je dois avoir honte de ce que je suis –– Peut-on tout pardonner –Des questions de ce genre, des questions comme des…

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    Six fourmis blanches, Sandrine Collette.

    “Aujourd’hui nous avons trente mille pas devant nous. Si tu ne vois que ces trente mille pas, autant t’asseoir et abandonner tout de suite. Mais si, quand tu fais un pas, tu conçois qu’il n’en reste plus que vingt-neuf mille neuf cents quatre-vingt-dix-neuf, puis vingt-huit mille, vingt-cinq, et qu’à un moment il en restera moins à faire que tu en as déjà fait, alors tu comprendras que cela vaut la peine d’avancer.“ Six randonneurs se rencontrent et se lancent dans une aventure intense, gravir un sommet montagneux et enneigée en Albanie accompagné par un guide. Ils sont débutants et aiment l’idée de se lancer un défi. En parallèle, le sacrificateur…

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    Ce qu’il aurait fallu dire, Alexis Anne-Braun

    “Après quelques mois passés dans un endroit, on cherche sa zone de confort. Souvent une succession de hasards désignent cette zone. Un jour qu’il se promenait dans le village d’Ault, il avait pris un chocolat chaud et une tarte aux pommes dans le bar Vents et Marées. Comme c’était l’hiver, l’endroit était vide. Les enceintes crachotaient une compilation de musiques de film d’Ennio Morricone. Immédiatement cette atmosphère l’avait appelé. Tous les mercredis après-midi, cette atmosphère l’appelle.“ Un jeune homme quitte Paris et commence son métier de professeur de philosophie au cœur de la Picardie – à Friville Escarbotin – auprès de collégiens venant d’un autre monde que le sien. Il s’escrime et se confronte au réel avec la volonté…

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    Chroniques du pays des mères, Elisabeth Vonarburg.

    “Le mot est inexact. Il peut être dangereux d’employer des mots inexacts.– Ce n’est qu’un mot, protesta Lisbeï– À force d’employer des termes inexacts, l’inexactitude finit par contaminer nos idées et les transformer.“ Dans un monde venu après le nôtre, les hommes naissent très peu nombreux et la société est devenue une matriarchie.Les femmes sont le point de référence du monde : le pouvoir, la religion, le langage, les relations familiales sont déterminés par les femmes, par leurs relations et par la nature de leur fertilité (qu’elle soit littérale dans le fait d’avoir des enfants ou bien plus largement dans leur capacité à créer).Lisbeï, jeune enfante promise au puissant statut…

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    Etat de nature, Jean-Baptiste de Froment.

    “C’est donc cela, un fils, songea Claude : quelqu’un qui nous contredit?” La France ronronne et s’emmerde. Sa Présidente, dite La Vieille, s’éteint peu à peu et Claude – haut responsable administratif du pays se voit pousser des ailes tardives et se prépare à lui succéder.Le renouveau (ou pas) viendra peut-être d’un coin de France oublié de tous – la Douvre. Ce département quasi-désert devient de façon improbable une arène politique où s’affrontent ancienne garde, jeune préfète ambitieuse et sincère et groupuscule gauchiste à tendance radicale… J’ai beaucoup aimé ce roman (que je viens juste de finir au soleil) qui mêle dans une langue ironique et maitrisée une clairvoyance politique,…

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    La Maison, L’Île, Le Monde (Trilogie Meto), Yves Grevet.

    “Un souvenir me revient à propos de tous ces mystères autour de notre avenir. Il y a plusieurs mois, après le sport du matin, une rumeur avait circulé. Il y avait quelque chose dans les toilettes. Une inscription à la craie derrière une porte. J’ai réussi à la lire juste avant qu’on ne l’efface : ‘Je veux savoir d’où je viens et ce qu’on devient après. S’il vous plaît.’ “ 64 enfants vivent coupés du monde sur une île. Leur vie est structurée par des règles multiples et brutales, aucun écart n’est toléré. Dans cet univers clos et oppressant, le jeune Meto se pose peu à peu un certain nombre…