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    Je reste ici, Marco Balzano.

    Traduit de l’italien par Nathalie Bauer.  “Je pensais, pour ma part, qu’il n’y avait pas de plus grand savoir que les mots, en particulier pour une femme. Evénements, histoires, rêveries, il importait d’en être affamé et de les conserver pour les moments où la vie s’obscurcit ou se dépouille. Je croyais que les mots pouvaient me sauver.”  Un paisible village rural autrichien se trouve pris dans la tourmente de l’Histoire et devient tour à tour le jouet de l’Italie fasciste puis de l’Allemagne nazie.  La narratrice est à la fois une mère éperdue à qui on a volé sa fille, une fille admirative de ses parents, une épouse éprise, une institutrice clandestine et surtout,…

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    3ème voyage de juillet…

    C’est parti pour le #juilletjevoyageenlivres ! Je suis ravie d’apporter ma contribution pour la troisième année consécutive à cette belle idée @riendetelque 😊  Et, pour changer un peu, au lieu de vous présenter un pays je vais plutôt vous présenter un lieu, une atmosphère spécifique : des livres se passant sur une île !  J’ai choisi pour vous Plus haut que la mer de Francesca Melandri, Faire surface de Margaret Atwood et Une ile trop loin d’Annika Thor. Trois îles très différentes mais qui ont en commun d’être racontées par des femmes…  Je vous détaille un peu plus les trois titres ci-dessous pour vous mettre l’eau à la bouche et j’attends vos idées…

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    Mr Gwyn, Alessandro Barrico.

    Traduit de l’italien par Lise Caillat. “Il n’avait jamais imaginé qu’un portrait puisse être une manière de reconduire quelqu’un chez lui, justement, il avait toujours cru que c’était le contraire, on faisait des portraits pour afficher une fausse identité, et la rendre comme vraie, évidemment. Qui accepterait de payer pour se faire démasquer par un peintre et pour suspendre chez lui les traits de sa personne qu’il s’escrime à dissimuler tous les jours ?“ Jasper Gwyn est un écrivain au faîte de sa carrière lorsqu’il annonce publiquement qu’il arrête d’écrire des romans. Après un temps de repos et de réflexion, il se rend néanmoins compte qu’il a toujours un besoin…

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    Ouvre les yeux, Matteo Righetto.

    Traduit de l’italien par Anne-Laure Gonin-Marquer “Tu imagineras vos deux silhouettes, toutes petites, infimes et inutiles dans cette beauté majestueuse et infinie. Tu imagineras vous découvrir et vous apercevoir, réfugiés dans le ventre de cette montagne, loin de tout. Tu ressentiras le poids et l’ivresse de votre solitude ; tu sentiras que vous êtes êtes isolés et dissimulés aux yeux du monde comme seule peut l’être une touffe d’herbe sous une épaisse couche de neige.“ Un homme et une femme se retrouvent, un certain temps après leur divorce, pour faire l’ascension du mont Latemar dans les Dolomites. Cette marche commune dans les montagnes est à la fois le fruit d’une…

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    Les poèmes de Primo Levi

    Un #lundipoésie très fort avec les mots de Primo Levi dont j’aime énormément la poésie.Ce recueil, “A une heure incertaine”, rassemble ses textes poétiques de début 1943 juste avant son arrestation et sa déportation à Auschwitz à 24 ans jusqu’à la fin janvier 1987 peu de temps avant sa mort.Vous y retrouverez le fameux “Si c’est un homme” qui donne son nom au texte le plus connu de l’auteur mais également beaucoup de poèmes tournés vers la vie. J’ai choisi de vous partager le poème “Au commencement” (écrit le 13 août 1970 et traduit ici par Louis Bonalumi) dont j’ai retrouvé toute la force vitale en le relisant dernièrement. “Frères humains pour…

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    Dévorer le ciel, Paolo Giordano.

    Traduit de l’italien par Nathalie Bauer. “A ce moment là, j’ai ressenti l’amour démesuré qu’il éprouvait. Ça ne concernait pas seulement les arbres, ça concernait tout et tout le monde, et ça l’empêchait de respirer, ça l’étouffait.“ Une jeune fille observe une nuit trois adolescents prendre un bain de minuit illicite dans sa piscine. Ils en sont chassés par son père et par le gardien mais cet instant singulier sera la fondation de relations complexes et passionnées.Les quatre personnages noueront en effet des liens profonds entre amour, religion, jalousie, militantisme le tout dans le décor sauvage des Pouilles.Le lecteur les suit au gré des entrelacs d’un récit savamment construit pour…

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    Un poème d’Erri de Luca

    // EN VACANCES // Aujourd’hui j’ai envie de partager avec vous un poème d’Erri de Luca que j’ai découvert, encore une fois, lors mon initiation à la bibliothérapie (une formation nourrissante de bien des façons 😊). Il s’agit du poème qui ouvre le recueil de nouvelles “Le contraire de un”. “En toi j’ai été albumen, œuf, poisson,les ères sans limites de la terrej’ai traversé dans ton placenta,hors de toi je suis compté en jours.En toi je suis passé de cellule à squeletteun million de fois je me suis agrandi,hors de toi l’accroissement a été immensément mineur.Je suis éclos de ta plénitudesans te laisser vide parce que le videje l’ai emporté…

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    Les villes invisibles, Italo Calvino.

    // EN VACANCES // Traduit de l’italien par Jean Thibaudeau. “Je compris que je devais me libérer des images qui jusqu’ici avaient annoncé les choses que je cherchais : seulement alors je réussirais à comprendre le langage d’Ipazie.À présent il suffit que j’entende le hennissement des chevaux et le claquement des fouets pour que me prenne un tremblement amoureux : à Ipazie, tu dois entrer dans les écuries et les manèges pour voir les belles femmes qui montent en selle, cuisses nues, des jambières sur les mollets, et un jeune étranger s’approche-t-il qu’elles le renversent dans le foin ou la sciure et le pressent ferme contre leur téton. Et lorsque…

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    Ailleurs, Dario Franceschini.

    Traduit de l’italien par Chantal Moiroud..“Croyez-moi, poursuivit-il, l’endroit où on meurt est beaucoup plus important que celui où on naît. C’est stupide de traîner toute sa vie durant, sur nos papiers, dans notre biographie, comme signe distinctif, et jusque sur nos pierres tombales, le lieu où nous sommes nés. Tout le monde s’en moque ! Ce n’est pas nous qui avons choisi. […] Imaginez en revanche quelle beauté, quelle liberté, de pouvoir décider la ville où on meurt !“.Un jeune homme bien sous tout rapport à la vie faite de responsabilités et de convenances découvre soudainement que son père, notaire éminemment respecté, a eu 52 enfants avec les différentes prostituées…

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    Le garçon sauvage, Paolo Cognetti.

    Traduit de l’italien par Anita Rochedy. “Si une maison a pour vocation d’être habitée, peut-être éprouvait-elle une joie tout à elle de voir à nouveau quelqu’un aller et venir avec du bois, faire du feu dans la cheminée, allumer le poêle, se laver les mains dans la cuisine. Ainsi, cette eau de neige et de roche circulait entre les murs comme de la sève dans un arbre, le feu comme du sang dans un corps.“ L’auteur, lassé de s’être perdu en ville, se retire en montagne pour y lire Thoreau et Primo Levi et, peut-être, retrouver le goût d’écrire. Cette retraite dans les alpages entre solitude, émerveillement et joie physique…