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    Yannis Ritsos

    Pour ce #lundipoésie je reviens au beau recueil bilingue de Yannis Ritsos publié aux #editionsletempsdescerises : “Tard, bien tard dans la nuit”J’ai envie de vous faire connaître le poème Le Révolté écrit en juillet 1987. “Des gens, soi-disant désintéressés, cherchaient à le protéger (Protégés eux-mêmes par son nom).Ne fais pas ci,Ne fais pas ça – lui disaient-ils ; ne t’expose pas,Ne dénoue pas tes lacets ou ta ceinture devant eux,Ne te rend pas régulièrement victime de ton honnêteté.Lui,Il leur souriait avec compréhension et saisissait avec deux doigts seulementUn à un leurs “Non” et il les jetaitÀ la poubelleEn même temps que ses habits.Et ainsi tout nu, beau,Révolté,N’ayant plus que ses chaussures trouées (à forceD’escalades),Il…

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    Les poèmes d’Andrée Chedid

    Pour ce #lundipoésie je reviens à Andrée Chedid dont j’ai à nouveau acheté un recueil @librairie_la_flibuste 😊 J’y ai retrouvé un poème que j’aimais énormément et qui me touche encore plus maintenant que j’ai une petite fille.Il s’agit du poème Brève Invitée que l’auteure dédie à sa fille dans le recueil “Seul, le visage” publié en 1960. “Ma lande mon enfant ma bruyèreMa réelle mon flocon mon genêt,Je te regarde demain t’emporteOù je ne saurais aller.Ma bleue mon avril ma filanteMa vie s’éloigne à reculons,A toi les oiseaux et la lampeA toi les torches et le vent.Mon cygne mon amande ma vermeilleA toi l’impossible que j’aimaisA toi la vie, sel et soleil,A toi, brève…

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    Les poèmes de Mary Oliver

    Un #lundipoésie avec une poétesse américaine renommée : Mary Oliver. J’ai un rapport ambivalent avec cette auteure dont la poésie m’émerveille autant qu’elle m’agace. Sa capacité à observer la nature en détail, à décrire l’instant fugace est saisissante et me touche beaucoup. Son rapport presque toujours “moral” avec ce qu’elle observe m’exaspère au bout d’un moment.De la même façon, son écriture simple permet à beaucoup de lecteurs de découvrir une poésie non intimidante et cela me semble essentiel. Mais si vous vous promenez sur les internets vous verrez également comment il semble que tout américain qui veut montrer un peu de profondeur choisit une citation d’elle, créant ainsi une sorte de litanie…

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    La poésie de Madeleine Riffaud

    En ce #lundipoésie particulier où le déconfinement nous enivre autant qu’il nous angoisse, je vous propose un poème militant pour des lendemains qui chantent.Il est écrit en 1946 par Madeleine Riffaud, poétesse de 21 ans au passé de résistante et d’activiste déjà intense. Elle le dédie à Paul Eluard. “La liberté c’est ce cours d’eauQui vient passer sur ta maison.Tous les gens de la rue y puisent à pleins seauxLes filles fatiguées y viennent se baignerLe soir, quand la sirène ouvre les ateliers.Et l’on y lave, aussi, les vestes de travail..Je te regarde face à faceEt je vois l’eau du fleuveAux hublots de tes yeux..Tu t’en vas sur le fleuve,Avec le fleuve,…

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    La poésie de Cécile Coulon

    Pour ce #lundipoésie je retourne à cette très belle anthologie publiée chez @editions.bruno.doucey qui me semble parfaitement appropriée pour ce mois de Mai… J’ai choisi le poème “Une fois par jour” de Cecile Coulon, extrait de son recueil Les ronces. Je n’ai jamais rien lu de cette auteure à part ce poème qui me donne envie de poursuivre ma découverte ! “Une fois par jour quelqu’un que je ne connais pasMe demande mon avis sur des chosesQui ne me regardent pas,– Comment faire pour se remettre d’une rupture –– Est ce que je dois avoir honte de ce que je suis –– Peut-on tout pardonner –Des questions de ce genre, des questions comme des…

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    La poésie de Constantin Cavafy

    Un #lundipoésie songeur avec Constantin Cavafy, poète grec à la fois complexe et solaire. Elevé en Grande-Bretagne, il n’a rien publié de son vivant, faisant circuler ses textes auprès de ses amis, les retravaillant sans cesse, les détruisant parfois. Il a mené à la fois une vie d’apparence bourgeoise et confortable (il était fonctionnaire et courtier) et une vie marqué par le secret lié à son homosexualité. Sa poésie amoureuse est, à mes yeux, universelle. Sa sensualité en est lumineuse. Je vous propose trois poèmes que j’aime particulièrement (dans la traduction de Dominique Grandmont). Leur origine“Leur plaisir coupable vient de connaître son assouvissement.Ils se sont levés du lit et s’habillent à la…

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    Vergers, Rainer Maria Rilke

    Un #lundipoésie contemplatif et qui touche en plein cœur… De Rilke on connait souvent les Lettres à un jeune poète, texte séminal qui exhorte celui qui désire écrire à plonger en lui pour faire jaillir sa voix.Je les ai entendues au théâtre dites et éprouvées par Niels Arestrup il y a 15 ans, une expérience marquante. Aujourd’hui j’avais envie de parler des poèmes français de Rilke, écrits à la fin de sa vie. Très lyriques, ils se concentrent sur la nature et ses charmes et ne sont pas mes préférés.Et pourtant… des pépites en surgissent pour me saisir.Je vous propose le poème 31 des Quatrains Valaisans. “Chemins qui ne mènent nulle partentre…

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    Corps et biens, Robert Desnos.

    Un #lundipoésie fantasque et amoureux avec l’irremplaçable Robert Desnos.Poète autodidacte et impertinent, il a joué avec les mots, l’écriture automatique et le surréalisme. Pas assez communiste (et n’idolâtrant pas assez A. Breton) il se fait virer du mouvement en 1929 et s’amuse à d’autres inventions langagières.Il s’engage contre le fascisme, rentre dans le Résistance avant d’être arrêté et déporté. Il meurt à Theresienstadt en 1945. J’aime ses mots brûlant d’amoureux, ses rêves et ses mystères… et son petit côté brigand. J’ai choisi son poème “A la faveur de la nuit”. “Se glisser dans ton ombre à la faveur de la nuitSuivre tes pas, ton ombre à la fenêtre.Cette ombre à la fenêtre…

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    La Biblio des Confins #4

    Nouvelle contribution à la #bibliodesconfins (sur une idée décidément fertile d’@alremacle 😊) avec la lecture d’un poème d’Andrée Chedid, une poétesse dont j’aime la clarté, l’intransigeance et la douceur.  J’ai choisi un poème sur la Poésie, un genre que je déteste habituellement tellement il me semble vain et nombriliste. Et puis, une fois de plus, le charme d’Andrée Chédid a fait son chemin en moi et j’ai été emportée par la justesse de ses mots.  C’est comme si, en ce printemps particulier, la Poésie était l’air et l’eau dont j’avais besoin pour pousser.  Et vous ? Quelles lectures vous font grandir ou résister en ce moment ? 

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    La poésie de Paul Fort

    Un #lundipoésie avec un poète que je connais peu et que je découvre en farfouillant dans nos étagères : Paul Fort et ses ballades françaises. Vous connaissez peut-être sans le savoir (comme moi) pour ses textes chantés par Georges Brassens tels que la Complainte du petit cheval blanc ou bien La Marine.C’est aussi lui qui a écrit “Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite. Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Il va filer.” que vous avez peut-être appris à l’école. Le recueil mêle prose, chronique, échanges théâtraux et courtes canzones. Le tout est surprenant, parfois daté et inégal mais la découverte est plaisante. J’ai choisi pour vous…