Junil, Joan-Lluís Lluís.
Traduit du catalan par Juliette Lemerle.
Titre original : Junil a les terres dels bàrbars. 2021.
Editions Les Argonautes.
« Mais il est étrange qu’écrire soit une affaire humaine, pense souvent Junil, à qui rien ne semble plus divin que cette façon de faire naître, vivre et mourir des personnes et des mondes à travers les mots.«
De quoi ça parle ?
Durant l’Empire romain, Junil travaille pour son père, un commerçant tyrannique et médiocre. Il vend des livres et cherche à tout prix à trouver sa place parmi les riches de la ville. Junil fabrique le papyrus auprès des esclaves de son père, seules personnes à lui donner un peu d’affection. Elle découvre les vers d’Ovide qui la transportent.
Mais Ovide est exilé vers le Nord – les terres barbares – pour avoir déplu à l’Empereur. Et voilà que Junil se retrouve propulsée elle-même dans une affaire qui l’oblige à fuir pour sa survie. Accompagnée de Trident (l’esclave qui lui a appris à lire) et de Lafas (un ami bibliothécaire), elle part sur les routes vers une terre rêvée où hommes et femmes vivraient égaux.
Ce que j’en pense
J’ai aimé ce livre que j’ai trouvé surprenant. J’ai d’abord lu le quotidien de Junil sous un angle historique, presque documentaire, avant de me rendre compte que je faisais fausse route.
Entre roman historique, d’apprentissage ou d’aventure, je perdais de vue la dimension imaginaire du récit qui me semble finalement plus relever du conte ou de la parabole.
Autour des amis en fuite s’agrège peu à peu une communauté qui invente sa langue, ses coutumes, ses valeurs. Avec toujours en filigrane la poésie d’Ovide comme une respiration et une destination …
