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    Pain perdu, Guy Goffette.

    De passage très rapide chez mes parents, j’ai pioché dans la bibliothèque de mon père le recueil “Pain perdu” de Guy Goffette pour un #lundipoésie plein de désir. Je vous partage le poème “La grande marée” pour commencer la semaine en beauté.Bonne lecture ! “Ainsi nous avions pris rendez-vousPour cette nuit depuis des annéesEt rien, ni le soleil, ni la pluie,Ni les orages de l’amour, ni Ce vieux sac de larmes que l’on traîneTous, avec son ombre dans la nuque,Rien n’a pu nous faire oublier le jourEt l’heure de la grande marée Qui monte dans les chambresEt roule sur le corps des rêveursComme un drap, rien, pas mêmeL’effroi d’être emportés vivants Au…

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    Petite régression, Kenneth White.

    Un #lundipoésie pour sortir de la ville avec les mots de Kenneth White et son poème “Petite régression”. “Petite régressionUne fois sorti de la villeAu bout du macadamOù les fougères se déploientVieilles et cramoisies sous la pluieOù les ronces en pagailleS’entassent et se multiplientLaissez-moi m’étendre un peuDans ces broussailles détrempéesRegarder un instantLe nuage gris qui passeEt saluer sans faire de bruitCe passereau tout crotté.” Bonne semaine !

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    Aller simple, Erri de Luca

    Un #lundipoésie avec les mots d’Erri de Luca dans son recueil Aller simple, en version bilingue et traduit de l’italien par Danièle Varlin.Editions Gallimard Des textes assez mélancoliques, parfois même un peu amers, dont la simplicité et l’acuité sont touchantes.Je vous partage le poème Deux. “Quand nous serons deux nous serons veille et sommeil,nous plongerons dans la même pulpe comme la dent de lait et la deuxième après, nous serons deux comme sont les eaux, les douces et les salées,comme les cieux, du jour et de la nuit,deux comme sont les pieds, les yeux, les reins,comme les temps de la pulsationles coups de la respiration.Quand nous serons deux nous n’aurons pas de…

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    Les nouveaux anciens, Kae Tempest

    Un #lundipoésie longtemps attendu avec Les nouveaux anciens de Kae Tempest. Cela fait longtemps que j’ai envie de découvrir sa voix. J’ai passé des mois à me demander si je l’écoutais ou si je la lisais, et si je la lisais en anglais ou en français… du coup je restais en lisière bien inutilement. Samedi, j’ai vu le bouquin sur la table du libraire je l’ai pris sans réfléchir et tant mieux. Ce texte est bluffant (il est traduit par D’ de Kabal et Louise Bartlett et publié chez @larche_editeur que je découvre bien tard aussi) et m’a instantanément emportée. Je me le suis lu à voix haute, j’ai basculé dans les ruelles de…

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    Juste après la pluie, Thomas Vinau

    Un #lundipoésie “Juste après la pluie” avec les mots de Thomas Vinau publié chez @almaediteur. J’ai saisi l’occasion et emprunté ce recueil à la bibli. Ce n’est pas une grande rencontre mais j’y ai trouvé des petits plaisirs cachés dans les pages… Art Brut“C’est quoi les fraises des bois ?Des bonbons sauvages “ L’homme mesure“L’homme mesureÇa le rassureC’est une drôle de manieIl a mesuré la terreL’eau même l’airEt puis le cielPeut-on mesurer le cielEt son usurePeut-on mesurer l’usure du cielL’enfant pose la questionL’homme se retrouve bien bêteMesuré mais museléL’homme mesureL’enfant luiDémesure “

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    Les poèmes de Dan Fante

    Un #lundipoésie un peu rugueux et pas toujours aimable avec les poèmes de Dan Fante, poète américain à la vie cabossée. Le recueil “Bons baisers de la grosse barmaid, poèmes d’extase et d’alcool” est traduit par Patrice Carrer et paru @editionspoints. Il mêle avec vigueur phrase coups de poings bien vulgaires et lyrisme improbable… un alliage vivifiant !Entre noirceur et désespoir, la joie se faufile… “2 Avril 1993 Des morceaux de moibarrés depuis longtempssont de retour – des endroitsenfoncés trop loin en moipour que j’aie voulu y toucher Des mélodies oubliéesfont peau neuveen retrouvant leurs paroles Je suis redevenu ce gamin ivre de printempsqui fonçait à vélo dans les petites rues de New…

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    Bricolage encore

    Un #lundipoésie qui respire avec une photo de ciel bleu et les mots toujours justes d’Andrée Chedid. Bricolage (dans le recueil Rythmes) “Tu naquis d’un bricolageDu génial universPar d’étranges combinaisonsPar surprise et par liaisonsTu devins Toi plutôt que mouchePlutôt que zèbre souris lion Surgi du magma des possiblesEt de la souche de toute vieTu devins Toiunique au mondeFace à l’éphémère défi.“ Bonne semaine sous le soleil !

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    Chômage Monstre, Antoine Mouton.

    Un #lundipoésie tourbillonnant, bégayant, hésitant et qui va de l’avant avec les textes d’Antoine Mouton dans son livre Chômage Monstre.Editions La Contre Allée Que fait le langage quand notre corps travaille pour quelqu’un d’autre? S’efface-t-il ou bouillonne-t-il impatiemment ? Et quand on marche ? La pensée et les mots s’arriment-ils à nos pas?Un flot de poésie qui charrie des questions essentielles… Extrait de Dire/Entendre/Penser“La parole il n’y a personne dedans ou bien tout un peuple mais qui se tait qui se tient dans l’embrasure du langage avec mille oreilles appliquées contre luiOn voudrait que le silence se déclare sur la liste des résidents “ Extrait de Après quoi/ Chômage Monstre“Comment vivre à…

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    Ancestrale, poèmes de Goliarda Sapienza.

    Un #lundipoésie italien et féminin avec le tout nouveau recueil rassemblant les premiers écrits de Goliarda Sapienza : Ancestrale. Des poèmes des années 50 , publié en édition bilingue par @le.tripode et traduit par Nathalie Castagné. Depuis un mois que ce livre est sorti je lui tourne autour, un peu effarouchée par son prix. Et puis, mon anniversaire et le bookclub d’@palir_au_soleil #cemoiscilonlitgoliardasapienza aidant, j’ai suivi avec délice mon impulsion.Quel bonheur de retrouver les mots ardents de Goliarda, son impétuosité, sa vigueur ! Et toujours, passé le premier assaut des phrases, une douceur poignante.Je vous propose ici trois poèmes qui m’ont saisie et je vous encourage à découvrir les autres. “Si j’avais idée de ton visage,…

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    Les poèmes de Leonard Cohen

    Un #lundipoésie sous la pluie c’est un retour aux sources qui s’impose avec un poème de Leonard Cohen. Je crois qu’à chaque situation un de ses poèmes me sert de boussole comme seuls peuvent le faire les textes aux sens multiples qu’on apprend, avec le temps, à déchiffrer et à charger de ses propres symboles.Je pourrais piocher à l’infini dans son œuvre mais je vous partage aujourd’hui “True love leaves no traces” écrit en 1977. “As the mist leaves no scarOn the dark green hillSo my body leaves no scarOn you and never willThrough windows in the darkThe children come, the children goLike arrows with no targetsLike shackles made of snowTrue love…