• Lectures

    Un homme dans la brume, Dorothy B. Hughes.

    Traduit de l’anglais par Simon Baril. Editions Rivages “Il vit à nouveau son visage lorsqu’elle passa sous la lumière jaune du réverbère, il vit qu’elle n’aimait pas les ténèbres, le brouillard, l’isolement de cet endroit. Elle s’engagea sur la California Incline, la passerelle qui menait vers la plage ; il l’entendait claquer fort ses talons contre le ciment déformé du trottoir, comme si ce bruit la rassurait.“ De retour à la vie civile après le seconde guerre mondiale, deux anciens compagnons d’armes se recroisent par hasard à Los Angeles. L’un est devenu inspecteur de police; il enquête sur l’Etrangleur – un sérial killer qui tue des jeunes femmes. L’autre est…

  • Lectures

    Le chant de Dolores, Wally Lamb.

    Traduit de l’anglais par Martine Desoille.@editionsbelfond “De même que la baleine morte, je traîne mes souvenirs de Gracewood avec moi comme un cadavre. Parfois, pendant les longs trajets silencieux, le cadavre roule à mes côtés. D’autres fois, quand je m’endors ou que je n’arrive pas à m’endormir, il repose avec moi dans mon lit. Tour à tour inoffensif ou dangereux, le cadavre a le don de la parole.“ Dolores n’a pas de bol. Son père les abandonne sa mère et elle alors qu’elle est enfant, sa mère se retire en clinique pour soigner sa dépression en la laissant chez sa grand-mère, elle se fait violer par un des locataires de…

  • Les doux mots du dimanche

    Entéléchie

    Je reviens avec #lesdouxmotsdudimanche et ce terme que je viens de découvrir : entéléchie.Bon, comme je suis assez basique en termes de blague j’avoue que j’en avais un certain nombre en tête assez vaseuses… mais ce mot est bien trop beau pour les lui faire subir. Le terme est créé par Aristote qui en fait un principe essentiel de sa philosophie. L’entéléchie c’est ce qui fait qu’on est pleinement : le mouvement qui nous rend réel parce que l’on agit et l’idée qu’on trouve sa perfection quand on met en œuvre ses forces.Par extension, c’est la chose ou la façon d’être qui permet à l’esprit ou au cœur de trouver son plein…

  • Lectures

    L’accident de chasse, Landis Blair et David L. Carlson.

    Traduit de l’anglais par Julie Sibony.@sonatineeditions “J’ai vite tout su, ou presque, de la vie de mon père. C’est très difficile pour un aveugle d’avoir des secrets. Mais on a tous au moins un secret.“ Après le décès de sa mère, un jeune garçon part vivre avec son père devenu aveugle suite à un accident de chasse. Les années passent et, devenu adolescent, il se retrouve aux prises avec la justice.Il découvre alors que son père a fait de la prison, fréquentait la mafia de Chicago et est en fait devenu aveugle suite à un vol à main armée ayant mal tourné.Une révélation qui le déstabilise profondément mais lui permet…

  • Lectures

    Nous sommes l’étincelle, Vincent Villeminot.

    @pocket_jeunesse “Notre monde est le vôtre : nous ne pouvons nous en retrancher, mais nous choisirons des lieux, des déserts, des silences, des bibliothèques, des jardins où nous pourrons vivre ; dans les marges ; nous laissant transformer, lentement, durablement par cette vie commune, politique. Et notre seule communauté politique sera désormais l’amitié.“ Un jour, dans un futur proche, les jeunes font sécession. Sans violence ils se retirent du monde et vont s’en inventer un autre, au calme, dans des zones rurales inoccupées. Quête de sens, recherche d’un rapport apaisé à la nature, volonté de connaître véritablement les personnes avec lesquelles ils interagissent : leurs aspirations sont en total décalage…

  • Lectures

    Vivre avec nos morts, petit traité de consolation, Delphine Horvilleur.

    Editions Grasset “Personne ne sait parler de la mort, et c’est peut-être la définition la plus exacte que l’on puisse en donner. Elle échappe aux mots, car elle signe précisément la fin de la parole. Celle de celui qui part, mais aussi celle de ceux qui lui survivent et qui, dans leur sidération, feront toujours de la langue un mauvais usage. Car les mots dans le deuil ont cessé de signifier. Ils ne servent souvent qu’à dire combien plus rien n’a de sens.“ En une série de courts textes, l’auteure -rabbine française de renom – partage ses réflexions professionnelles et personnelles sur la mort. Quelle place lui accorder dans la…

  • Lectures

    Mrs Craddock, Somerset Maugham.

    Traduit de l’anglais par Paul Couturiau.Livre de poche “Edward était sans conteste séduisant; il paraissait très propret, c’était un de ces hommes qui portaient sur chaque trait de leur visage la trace du bain matinal. Vous sentiez que le savon Pear était un élément essentiel de son existence au même titre que sa foi dans le parti conservateur, les journées de derby, et la crise de l’agriculture.“ Bertha est bien née et, grâce à son éducation, dispose d’une liberté d’esprit et d’action peu commune pour une femme anglaise à la fin du XIXème siècle.Avec sa tante délicieusement lucide et cynique, elle forme un duo décapant… jusqu’à ce que la jeune…

  • Lectures

    Apprendre à se noyer, Jeremy Robert Johnson.

    Traduit de l’anglais par Jean-Yves Cotté.@cherchemidiediteur Quelque part dans une jungle d’Amérique Latine, à une époque incertaine, un père enseigne à son fils les dangers du fleuve et les techniques de pêche.Cette initiation tourne au cauchemar lorsque l’enfant est soudainement emporté par un monstre aquatique… le père part alors à sa recherche entre désespoir, obsession et folie. J’ai beaucoup aimé le début de ce livre, son rythme inquiétant et la capacité de l’auteur à installer en quelques lignes une tension et une dimension mythique au cœur du récit. Les premières pages m’ont happée et m’ont fait penser au livre d’Ivan Repila, Le puits.J’ai été moins convaincue par la deuxième moitié…

  • Lectures

    L’autre moitié du songe m’appartient, Alixia Gallienne.

    Un #lundipoésie lumineux avec le recueil d’Alicia Gallienne : L’autre moitié du songe m’appartient.Editions Gallimard J’ai enfin pris le temps de lire les textes d’Alicia Gallienne et c’est une belle découverte. Si certains textes m’ont laissée de marbre ou semblés trop romantiques à mon goût, certains m’ont saisie. Je vous en partage un ici (et quelques lignes d’un autre) et je vous encourage à feuilleter ce recueil. La main personnelle“J’ai écrit jusqu’à devenir mon propre voleurJ’ai écrit jusqu’à l’effacement de ce que j’écrivaisJe me sens comme dépossédéeMais ce n’est que de moi-mêmeJe suis la main qui se démunit de raisonJe suis la main qui pointe à l’horizonEt qui a fait feu de…

  • Lectures

    Le jardin des Finzi-Contini, Giorgio Bassani.

    Traduit de l’italien par Michel Arnaud.Editions Folio “Je ne disposais pas de ce goût instinctif pour les choses qui caractérise les gens normaux. … Ce qui comptait c’était, plus que la possession des choses, le souvenir qu’on avait d’elles, le souvenir en face duquel toute possession ne peut, en soi, apparaître que décevante, banale, insuffisante…. Mon désir que le présent devînt tout de suite du passé, pour pouvoir l’aimer et le contempler à mon aise.” Le narrateur se souvient des Finzi-Contini, une riche famille d’intellectuels juifs vivant un peu à l’écart de la communauté et de la ville. A la fin des années 30 leur maison, la “magna domus”, est…