• Lectures

    Les Grâciées, Kiran Millwood Hargrave.

    Traduit de l’anglais par Sarah Tardy. “Sur le port, le pasteur trépigne, se réchauffe les mains en soufflant dessus. Maren ressent une certaine satisfaction à le voir ainsi frissonner, lui qui leur assène toujours que l’amour de Dieu est la seule chaleur dont elles ont besoin.“ Au XVIIème siècle, un petit village norvégien perd brutalement tous ses hommes lors d’une tempête mortelle. Les femmes sont hébétées puis s’organisent peu à peu pour survivre. Entre celles qui se réfugient dans la foi et le foyer et celles qui prennent les rames pour nourrir les survivantes, la trêve n’est que de circonstance. L’arrivée d’un “délégué” du roi, un Ecossais spécialiste reconnu de…

  • Portraits de femmes

    Portrait de femme : Claire

    Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir @papiercrepon pour notre huitième #portraitsdefemme partagé ! Elle a choisi de nous parler de Claire DeWitt, héroïne des romans policiers de Sara Gran. Mon héroïne s’appelle Claire DeWitt, une détective privée torturée, trash, limite fêlée. Elle a été formée avec des méthodes totalement hors sol, presque mystiques. Elle est surtout prisonnière de son passé compliqué que l’on découvre au fil des épisodes – trois jusqu’ici. En quoi Claire est-elle un personnage féminin marquant?C’est un personnage féminin badass et rock’n roll comme on n’en trouve pas assez dans la littérature contemporaine. Une femme dotée d’une acuité hors du commun. Pugnace, déterminée, elle ne recule devant aucune difficulté – bien au…

  • Lectures

    Anaïs Nin: sur la mer des mensonges, Léonie Bischoff.

    Au début des années 20, Anaïs Nin vit avec son mari banquier dans la banlieue parisienne. Pour une jeune femme éduquée, polyglotte et profondément créative, la routine est une menace mortelle. Entre l’écriture de son journal qui lui sert d’exutoire et de terrain de jeu, la pratique de la danse qui révèle son bouillonnement intérieur et la montée en puissance d’une sensualité qu’elle peine à domestiquer, tout est prêt pour que l’artiste en elle s’enflamme.L’étincelle sera la rencontre avec Henri Miller puis sa femme June… Une très belle bande dessinée que j’ai abordé de façon un peu dubitative uniquement car le dessin était trop floral à mon goût (oui je…

  • Lectures

    Kindred, Octavia E. Butler.

    Une jeune femme noire de 1976 se retrouve soudainement propulsée dans une plantation du Sud des Etats-Unis en 1815. Elle y sauve un jeune garçon blanc de la noyade, fils du propriétaire de la plantation et son lointain ancêtre.Elle va aller et venir entre son monde et l’univers esclavagiste du XIXème, irrésistiblement convoquée à chaque fois que la vie de son ancêtre blanc est menacée. Ses connaissances et convictions vont être brouillées. Elle découvrira dans la douleur l’absolue dépossession d’être Noire à cette période tout comme ce que la volonté de survivre peut conduire à faire. C’est le deuxième roman d’Octavia E. Butler que je découvre en excellente compagnie puisqu’il…

  • Portraits de femmes

    Portrait de femme : Cash

    Aujourd’hui j’ai le plaisir d’accueillir @theflyingelectra, grande lectrice de littérature américaine et amérindienne, pour notre septième #portraitsdefemme partagé ! Elle a choisi de nous parler d’un petit bout de femme d’à peine 1m60 qui fume des Marlboro et joue au billard dans un coin paumé du Minnesota… Mon héroïne s’appelle Cash. Elle vit au Minnesota dans les années 70.Passée de famille d’accueil en famille d’accueil comme bon nombre d’enfants indiens, elle a surtout servi de main d’œuvre gratuite dans les fermes avoisinantes. La jeune femme a réussi à s’émanciper à l’âge de 13 ans et depuis, elle travaille comme ouvrière agricole en journée et en soirée remporte de l’argent en jouant au billard.…

  • Lectures

    Over the Rainbow, Constance Joly.

    Une fille raconte son père, tâche d’attraper par les mots l’enchanteur insaisissable de son enfance, père divisé et homosexuel mort du SIDA. Avec un mélange de pudeur respectueuse et de sincérité déchirante, elle marche sur le fil du témoignage sans jamais chuter ni dans l’anecdotique ni dans le larmoyant. J’ai beaucoup apprécié ce texte émouvant sans être envahissant (alors que j’avais parfois eu du mal avec le lyrisme dans “Le matin est un tigre”). Il m’a aussi fait repenser avec plaisir au témoignage d’Alysia Abbott dans son livre FairyLand qui m’avait beaucoup apporté. Merci beaucoup @jolyconstance69 pour cet envoi inattendu et très apprécié !

  • Lectures

    Les poèmes de Marie Uguay

    Un #lundipoésie avec une poétesse québécoise dont je découvre le talent grâce @editionsboreal : Marie Uguay. Je veux retenir d’elle l’incandescence et la justesse de ses mots au-delà du “mythe” que sa mort précoce a pu construire. Je vous présente un poème extrait du recueil “L’Outre-vie”, puisse sa beauté réchauffer votre début de semaine. “maintenant nous sommes assis à la grande terrasseoù paraît le soir et les voix parlent un langage inconnude plus en plus s’efface la limite entre le ciel et la terreet surgissent du miroir de vigoureuses étoilescalmes et filantes plus loin un long mur blancet sa corolle de fenêtres noires ton visage a la douceur de qui pense à autre choseton…

  • Lectures

    Les poèmes de Silvia Baron

    Un #lundipoésie en excellente compagnie avec les poèmes de Silvia Baron Supervielle, poétesse argentine écrivant en français. Je la connaissais en tant que traductrice notamment d’Alejandra Pizarnic et je viens de la découvrir dans ses propres mots. Je vous propose deux extraits qui m’ont particulièrement touchée de son recueil “Un autre loin” que je vous encourage à feuilleter avec attention.Bonne semaine ! “(…) Je voudrais partir plus au fondPour que nul éclair ne m’aperçoiveEt que je sois sauvée de l’assautSauvage du passé La brume du rivage qui avanceEnveloppe mes épaulesPénètre dans le vêtementQui me retient Est-ce ainsi que l’on partAvec la mémoire qui cesseLes pas qui passent sans s’arrêterLes heures effacées (…)“…

  • Lectures

    Spin, Nina Allan.

    Traduit de l’anglais par Bernard Sigaud. “C’était ce qui définissait son ouvrage, après tout : des détails, des moments lumineux qui servaient de doublures à des univers entiers de mémoire.“ Une jeune femme grecque, orpheline d’une mère assassinée pour ses dons de voyance, est reconnue pour ces extraordinaires capacités de tisserande. Elle semble également avoir hérité de la singularité de sa mère quoiqu’elle s’en défende.Elle part à la grand ville pour s’émanciper et faire connaître son art. Celui-ci lui permettra-t-il de sauver un jeune homme rongé par la maladie ? J’ai à nouveau beaucoup aimé ce texte de Nina Allan. Très différents des précédents, il a une grande force d’évocation…

  • Lectures

    Girl, woman, other, Bernardine Evaristo.

    “What matters most to me, is that I know how I feel, and the rest of the world might catch up one day, even if it’ll be a quiet revolution over longer than my lifetime, if it happens at all.” Amma Bonsu est une dramaturge militante, lesbienne et noire. Alors que sa dernière pièce va être jouée pour la première fois dans un grand théâtre londonien elle se remémore des éléments marquants de sa vie amicale, théâtrale et amoureuse. Un souvenir en appelant un autre, le récit bifurque de femmes en femmes, toutes profondément liées parfois sans le savoir. Elles racontent tour à tour leurs vies, les effets de leurs…