Lectures

Les enfants verts, Olga Tokarczuk

Traduit du polonais par Margot Carlier.

Selon moi, le monde est constitué de cercles gravitant autour d’un seul point. Il faut savoir que cet endroit unique, appelé centre du monde, varie avec le temps ‒ jadis, ce fut Rome ou Jérusalem, à présent c’est sans conteste la France, et particulièrement Paris. Ces cercles, on pourrait les tracer avec un compas à verge. La règle est simple ‒ plus on est proche du centre, plus tout paraît véritable, concret, palpable, plus on s’en éloigne, et plus le monde semble flou, telle une toile blanchie par l’humidité. De plus, ce centre du monde se présente comme légèrement surélevé, de sorte que toute les idées, toutes les modes, toutes les inventions s’épanchent et coulent sur les côtés. D’abord, elles pénètrent les cercles les plus proches, et seule une infime partie parvient jusqu’aux endroits les plus écartés.

Ce très court récit rapporte comment, au XVIIème siècle, le médecin particulier du roi polonais fit la rencontre de deux enfants à la peau légèrement verte et aux cheveux moussus.

A la fois rapport d’un botaniste devenu médecin, conte moral et philosophique ou nouvelle inquiétante, ce texte prometteur m’a pourtant laissée sur ma faim. L’idée était fertile et je me demande pourquoi l’auteure la présente au lecteur sans la développer. Peut-être pour nous laisser réfléchir/imaginer plus?
En tout cas, cela m’a fait repenser à l’excellent “Une république lumineuse” d’Andrés Barba sur un thème identique et qui continue de me hanter…

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