Lectures

Des jours sans fin, Sebastian Barry.

Traduit de l’irlandais par Laëtitia Devaux.

Jouer un rôle, c’est pas que de l’apparence. C’est aussi une magie étrange qui a le pouvoir de changer le destin. À force d’imiter quelque chose, on finit par le devenir. Alors qu’on file dans les plaines, Winona blottie contre ma poitrine, j’ai enfin compris que j’étais entièrement et tout simplement une femme. Dans cette tête ouverte à tout vent. Même si mes seins étaient faits de mes chaussettes de l’armée roulées en boule.

Un jeune irlandais émigre pour les Etats-Unis afin de fuir le désastre de la Grande Famine. Il devient soldat et rencontre dans l’armée l’amour de sa vie, John Cole. Entre campagnes militaires où sévissent le froid et la perte de sens, spectacles de cabaret où le narrateur se déguise en femme et périodes de bonheur familial presque irréelles, le roman évoque trente ans de vie d’un homme singulier. Un homme qui regarde le monde avec étonnement et philosophie, un homme qui devient pleinement femme dans une Histoire qui brutalise les minorités tout en construisant le mythe du rêve américain.

J’ai aimé ce livre doux, lent et assez méditatif malgré les horreurs qu’il raconte. Je retrouve la beauté de l’écriture et le pouvoir d’évocation de Sebastian Barry. Un roman où chaque personnage a plusieurs identités, ne se révèle jamais totalement et où l’amour est un sentiment persistant.

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