Après l’orage, Selva Amada.

Titre original : El viento que arrasa.
Traduit de l’espagnol par Laura Alcoba.
Editions Métailié

« Les affaires du ciel ne l’intéressaient pas. la religion était faite pour les femmes et les hommes faibles. Le bien et le mal, c’était une autre histoire : ça, c’était une question quotidienne, concrète, que l’on pouvait affronter avec son corps. La religion, d’après lui, était une façon d’éluder ses responsabilités. S’abriter derrière Dieu, attendre d’être sauvé, ou rendre le diable responsable du mal qu’on était capable de faire.« 

Le révérend Pearson et sa fille Leni tombent en panne dans un coin désert du Chaco. La chaleur est extrême et la terre désolée. Ils trouvent refuge et boissons fraîches dans le garage tenu par El Gringo Brauer et son apprenti Tapioca. Pendant qu’El Gringo tente de réparer la voiture, le Révérend parle de Dieu à Tapioca.

En quelques pages, ce court récit installe une atmosphère pesante ou chaque échange semble de nature à dégénérer. Les perceptions du monde se croisent, se jaugent et la chaleur accablante réhausse chaque parole pour lui donner une portée décisive. Les dernières pages, après l’orage, en seront d’autant plus saisissantes.
J’ai été bluffée de découvrir qu’il s’agit du premier roman de l’autrice dont je compte bien lire les suivants !