Lectures

Dans les rapides, Maylis de Kerangal.

De ce côté-ci, on dit que c’est sombre et chatoyant, peuplé de jeunes types rageurs et goguenards, de junkies romantiques, de dandys trash, de crétins, de petites frappes frustes et électriques, d’abominables petits poseurs bidons, de chiens fous, de macs qui sniffent la bonne pioche et se pourlèchent les babines devant cette jeunesse qui ne respecte rien, irrévérencieuse, jusqu’au-boutiste, tellement vivante, par là ça chante sans voix et sans solfège, à toute allure, des trucs binaires ultra-primaires, par là ça sent la sueur et l’animal, la drogue, l’alcool, la violence et le sexe, par là ça se fout du monde mais ça s’y plante au milieu pour le faire savoir.

1978, Le Havre. Trois amies adolescentes découvrent le rock par la voix de Debbie Harris, la chanteuse du groupe Blondie. C’est leur ticket d’entrée dans un nouvel univers et le moyen de se forger leur identité. Entre concerts, rêves pour l’avenir, rencontres amoureuses et conversations à fleur de peau, le trio s’émancipe et chacune plonge dans sa vie à grande vitesse.

Un livre court, mené tambour battant avec toute l’adresse des mots de Maylis de Kerangal. On est propulsé dans les rapides en question, on vibre rock, le cœur s’accélère au rythme de la musique et des émois.
On fatigue, les idées s’emmêlent, on a la gueule de bois de trop de mots mais dès que l’accalmie arrive on attend le prochain morceau pour vivre à nouveau l’emballement de la jeunesse.

Une lecture suscitée par l’écoute d’un extrait du texte lu avec énergie par Florence lors d’un dimanche d’avril merveilleux avec @li.b.re !
Un grand merci aux organisatrices et aux participants pour ce moment précieux.

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