• Lectures

    L’aube sera grandiose, Anne-Laure Bondoux.

    “C’était un de ces moments paisibles et rares, presque parfaits, où l’enfance se fixe au plus profond de la mémoire, un de ces moments qu’on voudrait retenir, pour y rester comme dans une bulle, infiniment.” Alors qu’elle s’apprête à partir pour la fête du lycée, une adolescente de 16 ans se fait embarquer par sa mère pour se rendre en-tête à tête dans une maisonnette isolée de tout, au bord d’un lac et sans réseau téléphonique. Elles auront pour elles une nuit entière hors du monde pour que la mère révèle à la fille les secrets de leur famille… La douceur et la chaleur de ce livre m’ont fait du…

  • Lectures

    Ces orages là, Sandrine Collette.

    “La nature est le premier modèle de la duperie et de la cruauté, mais cela, ce sont des mots que l’humain a mis dessus : juste, c’est la nature. Il n’y a qu’à suivre son exemple.” Une jeune femme s’échappe d’une relation abusive. Elle tente de reconstruire cœur, corps et âme, de s’inventer une nouvelle vie en dehors de l’emprise. Sera-t-elle suffisamment forte, suffisamment prête si elle recroise le chemin de son bourreau ? Je n’ai pas du tout aimé ce livre. Le sujet est fort et j’étais prête à plonger, à être bouleversée. Au lieu de cela, j’ai été agacée par l’écriture hachée qui m’a semblée cette fois-ci sans…

  • Lectures

    Duo poétique : Henri Michaux et Roberto Juarroz

    Un #lundipoésie philosophique avec le retour du #duopoétique en compagnie d’Henri Michaux et de Roberto Juarroz. Deux poètes incisifs et insistants qui se questionnent sans relâche. Leurs fulgurances sont saisissantes (et parfois agaçantes je vous l’accorde). “C’est à un combat sans corps qu’il faut te préparer, tel que tu puisses faire front en tout cas, combat abstrait qui, au contraire des autres, s’apprend par rêverie.”Henri Michaux in Poteaux d’angles. “Tout est un oeil ouvert.Et je fais partie de cet œil.Mais quand le mien se fermera,De quoi ferai-je partie ?D’un oeil fermé ? ” III, 29b.Roberto Juarroz in Poésie Verticale. Bon début de semaine à tous, méditatif et actif !

  • Lectures

    Félines, Stéphane Servant.

    “Nous sommes en colère! Nous sommes l’étincelle! Nous sommes le feu! Nous sommes amoureuses! Vivantes! Terrifiantes! Extraordinaires! Nous sommes complétement dingues!“ Une mutation transforme les adolescentes en recouvrant leur corps de poils, accentuant leur sensibilité et leur vision nocturne notamment. La société s’affole, pointe du doigt, cherche des coupables, fait de la mutation un virus et s’alarme du nombre croissant d’Obscures. Incomprises, menacées, sans repères pour affronter ce changement elles se rassemblent, cherchent à comprendre, à s’entraider et décident de s’appeler les Félines. Louise est l’une d’entre elles : elle nous livre ici son témoignage, celui d’une lutte pour être pleinement soi-même et contribuer au monde avec sa singularité. Un…

  • Lectures

    Journal de deuil, Roland Barthes.

    “Je ne souhaite rien d’autre que d’habiter mon chagrin.” L’auteur tient ce journal après la mort de sa mère. Il pose ses saisissements, son chagrin, ses questionnements et tâtonne pour mettre en mots ce qui relève pour lui de l’expérience émotive brute. Le propos est universel, le flux et le reflux de la peine sont perceptibles. C’est un livre-compagnon, une sorte de memento accessible pour naviguer les méandres du deuil.C’est en même temps un témoignage d’une pensée à l’œuvre, une pensée qui essaie de donner forme au maelström de la perte. L’exemple d’un philosophe/sémiologue aux prises avec une expérience intime et qui se sert de ses outils (la pensée et…

  • Lectures

    Le sanctuaire, Laurine Roux.

    “Le vacarme de l’eau recouvre mes pensées. C’est exactement ce dont j’ai besoin. Me perdre dans quelque chose de plus grand, un flux sans fin, capable de venir à bout des rocs et des montagnes, une eau qui sache conserver la trace des temps anciens, ère de fougères géantes et de reptiles volants, temps que les glaciers ont gardé intact, preuve que le monde restera monde malgré l’homme et ses cataclysmes, et qu’à l’image des dinosaures nous devrions nous en tenir à cette vérité première : nous ne sommes pas grand-chose sur Terre.” Les oiseaux sont soudainement devenus une menace, transmettant un virus qui semble avoir décimé les hommes. Un…

  • Lectures

    Over the Rainbow, Constance Joly.

    Une fille raconte son père, tâche d’attraper par les mots l’enchanteur insaisissable de son enfance, père divisé et homosexuel mort du SIDA. Avec un mélange de pudeur respectueuse et de sincérité déchirante, elle marche sur le fil du témoignage sans jamais chuter ni dans l’anecdotique ni dans le larmoyant. J’ai beaucoup apprécié ce texte émouvant sans être envahissant (alors que j’avais parfois eu du mal avec le lyrisme dans “Le matin est un tigre”). Il m’a aussi fait repenser avec plaisir au témoignage d’Alysia Abbott dans son livre FairyLand qui m’avait beaucoup apporté. Merci beaucoup @jolyconstance69 pour cet envoi inattendu et très apprécié !

  • Lectures

    Une immense sensation de calme, Laurine Roux.

    “J’ai caressé ses traits figés sur sa peau froide. Il me semblait que je devais le faire. Une caresse pour une vie. Mes doigts parcouraient son visage et je pouvais sentir tout ce qu’elle avait été. Avec ma main, je lui disais Je prends. Elle me donnait sa droiture et sa fatigue, je lui disais Je prends. Son passé et ses blessures, je lui disais Je prends. Elle me donnait sa beauté et les rares joies arrachées à la vie. Je prenais. Son courage et sa vertu. C’était tout ce qui me restait. Longtemps ce serait mes seuls bagages.“ Dans un pays de neige qui ressemble fort à une Russie…

  • Portraits de femmes

    Portrait de femme : Aphrodissia

    Bienvenue @ledevorateur qui a choisi de nous parler d’Aphrodissia, héroïne de Marguerite Yourcenar pour ce quatrième #portraitsdefemme partagé. La veuve Aphrodissia est l’héroïne de la nouvelle éponyme, dans le recueil Nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar. C’est une nouvelle très courte : dans un village grec, les habitants s’apprêtent à brûler le corps de Kostis le Rouge. Ce bandit a enfin été attrapé, il ne volera plus, il ne tuera plus.Quand les villageois sont venus annoncer la nouvelle à la veuve Aphrodissia, dont le mari, le vieux pope Kostaki a été assassiné six ans plus tôt par Kostis, elle a manqué tout leur révéler : Kostis était son amant. Au creux de son bras, un…

  • Lectures

    Tamanoir, Jean-Luc A. d’Asciano.

    “Un clochard ne meurt jamais de mort naturelle, coupe Malscazoni. Il meurt assassiné par le froid, le manque de logement, la spéculation. Il meurt assassiné par le Grand Capital.“ Au cœur du Père Lachaise, deux hommes -membres d’une association d’aide aux SDF- sont assassinés. Un clochard, témoin des faits, s’enfuit dans la nuit avec son chat. Le lendemain, le Tamanoir – enquêteur privé pour le moins singulier et pourvu d’un nez mémorable – découvre le fait-divers dans le journal.Il va s’immerger dans le monde interlope de la rue, découvrir un business mafieux autour des sans domicile fixe et basculer joyeusement dans un occultisme saisissant. Si ce bouquin commence comme un…