Eclaircie, Carys Davies.

Traduit de l’anglais par David Fauquemberg.
Editions de la Table Ronde.

« Certains mots le ravissaient au plus haut point. Celui qui décrivait l’état d’une pelote de laine naissante, par exemple, qui décrivait le cœur même de son commencement, lorsque la laine peignée étirée en un fil délicat s’enroulait peu à peu. Liki. Quand la chose était au tout début de ce qu’elle allait devenir.« 

1843. Ivar vit seul sur une île écossaise. Les membres de sa famille ont péri en mer ou sont partis pour trouver une vie moins rude. Son quotidien est rythmé par des gestes simples et paisibles dans une nature âpre et tumultueuse.
Un jour, un homme échoue inanimé sur un banc de sable au pied des falaises de l’île. C’est John, pasteur sans le sou ayant accepté la mission de signifier son expropriation à Ivar.
Les deux hommes ne parlent pas la même langue, et la convalescence de John est une occasion pour eux de troquer des mots, de nouer un lien fragile comme une éclaircie.

J’ai été très touchée par ce court roman, délicat, fragile et précieux.
J’aime ce mélange entre une nature toute en rigueur et des psychologies sensibles.
Un assemblage que j’avais déjà apprécié dans West de la même autrice.
J’ai parfois songé à Des jours sans fin de Sebastian Barry.