Entre toutes les femmes, John Mc Gahern.

Titre original : Amongst women.
Traduit de l’anglais par Alain Delahaye.
Editions 10/18.

« Moran était un homme trop compliqué pour permettre à quiconque de savoir ce qu’il pensait sur quoi que ce soit.« 

Moran a eu trois filles et deux garçons. Il est veuf et choisit de se remarier avec Rose, probablement pour ne pas être seul à tenir sa maison et élever ses enfants. Au cœur de l’Irlande rurale des années 50, on ne rigole pas avec l’autorité d’un père ni avec ses préceptes moraux. Rose, qui a vécu un temps de façon indépendante à Glasgow, apporte au foyer douceur, compréhension et un peu de légèreté pour contrebalancer les emportements et exigences de Moran.
Les trois filles – Mona, Maggie et Sheila – grandissent et manœuvrent comme elles le peuvent pour construire leur propre vie tout en maintenant des liens avec ce père despotique.

Cette lecture a été éprouvante tant la figure de cet homme a fait écho avec des comportements que j’ai pu observer chez un certain nombre de pères vieillissants dans mon entourage.
Moran a de l’affection pour sa famille mais il tient à tout prix à garder le contrôle, à démontrer l’étendue et la persistance de son autorité. Son épouse et ses filles vivent en s’adaptant constamment à son humeur pour éviter les crises et lui sont infiniment reconnaissantes lorsqu’il se comporte de façon agréable. Entre toutes les femmes de son entourage, il règne en maître.
Ses jugements à l’emporte-pièce, sa volonté de ne pas se lier socialement et son rapport précautionneux à l’argent sont autant d’empêchements intérieurs qui le rendent insupportable.
J’ai eu parfois le sentiment d’étouffer en lisant les scènes répétitives, les réactions prévisibles de chacun et j’ai trouvé tout le texte d’une grande justesse.