La malédiction du lamantin, Moussa Konaté.

Editions Points.

« De quel droit des gens n’ayant aucun lien avec la police pouvaient-ils se donner l’autorité d’imposer au chef de la brigade criminelle d’abandonner une enquête ordonnée par le procureur de la République ? Était-ce la république ou la gérontocratie ? Certes, on pouvait comprendre l’attachement des personnes âgées aux traditions ancestrales, mais elles n’étaient ni élues ni nommées. À supposer qu’on leur cédât une fois, ne faudrait-il pas céder toujours ? Ne deviendraient-elles pas les vrais maîtres du pays, qu’elles gouverneraient strictement selon les traditions millénaires ? À quoi cela pourrait-il mener, sinon au chaos ?« 

Le Commissaire Habib et son adjoint Sosso continuent de mener l’enquête au Mali. Cette fois-ci à Bamako au sein de l’ethnie des Bozos, liés au dieu Maa dit le Lamantin. Le chef des Bozos et sa seconde épouse viennent d’être retrouvés morts après un orage et une crue extraordinaire du fleuve Niger et toute la population du quartier est convaincue qu’ils sont morts car leur comportement avait attiré sur eux la malédiction du Lamantin.
Entre Islam et animisme, Habib et Sosso vont – une fois de plus – devoir faire cohabiter leurs méthodes d’enquête et le monde spirituel des victimes comme des suspects.

Comme pour L’empreinte du Renard, le dépaysement est immédiat et le côté désuet de l’écriture charmant. L’effet de découverte étant passé, j’ai moins apprécié cette enquête et pense m’arrêter là dans la lecture de ces polars.