Le harem du roi, Djaïli Amadou Amal.
2024.
Editions J’ai Lu.
« Le grand tambour royal, Toumbal, résonne. Un son lourd, monotone, presque lugubre. Boussoura a la pénible impression qu’il retentit dans son cœur. Les griots chantent les louanges du nouveau roi, la ferveur des grands jours de fête.«
De quoi ça parle ?
Boussoura et Seini sont mariés depuis bien longtemps et ont eu quatre enfants ensemble. Elle est professeur, il est médecin, ils sont monogames : au Cameroun ils incarnent le couple moderne, équilibré. Ils sont toujours épris l’un de l’autre.
A la mort de son oncle, Seini est pressenti pour prendre sa suite et devenir Lamido – haut dignitaire Peul et commandant des croyants. Il semble attiré par cette possibilité et la responsabilité morale qui lui est associée. Boussoura, quant à elle, ne voit que ce qu’elle va perdre : la proximité et le temps passé avec son mari. Mais comme elle ne veut pas l’empêcher de se réaliser elle signale simplement son manque d’enthousiasme et le laisse faire son choix personnel.
Seini est couronné et le désastre s’amorce.
Pour pouvoir régner de façon traditionnelle et maintenir l’équilibre local, le Lamido doit prendre des concubines et le harem du roi n’est pas une simple image. Sa première épouse doit, elle, vivre dans ses propres appartements, ne pas sortir du palais sans autorisation et n’est autorisée à le voir que lorsque lui le décide …
Ce que j’en pense
D’un point de vue factuel, j’ai re-découvert de nombreuses choses. D’un point de vue littéraire je me suis profondément ennuyée.
Bien sûr, la description de la vie dans le palais, des rivalités dans le harem, des préséances et des compromissions successives d’un homme qui se perd dans l’exercice du pouvoir est instructive.
Mais j’ai trouvé l’écriture si plate ! Une sorte de succession de vignettes qui ne m’ont pas émue. De dialogues sans épaisseur. Impossible pour moi d’éprouver un intérêt durable pour les personnages réduit à leur plus simple expression.
Je vous conseille plutôt de lire Une si longue lettre de Mariama Bâ pour plus de finesse et de résistance féministe.
