Mrs Palfrey, Hôtel Claremont, Elizabeth Taylor.
Editions Rivages. Traduit de l’anglais par Nicole Tisserand.
« Une tâche épuisante, vieillir. C’est comme être un bébé, mais à l’envers. Dans la vie d’un nourrisson, chaque jour représente une nouvelle petite acquisition ; et pour les vieux, chaque jour représente une nouvelle petite perte. On oublie les noms, les dates ne signifient plus rien, les événements se confondent, les visages s’estompent. La petite enfance et la vieillesse sont des périodes harassantes. »
Mrs Palfrey s’installe à l’hôtel Claremont sorte de pension qui ne dit pas son nom pour des personnes âgées encore vaillantes quoique esseulées. Elle y découvre une galerie de locataires plus ou moins égarés dont quasiment toute l’énergie est dépensée à maintenir l’illusion de leur vitalité tout en persiflant sur les faiblesses des autres.
Vous prendrez bien un petit shot de vitriol so british ? L’œil incisif de l’autrice scrute l’abandon, la solitude et les mesquineries de ces vieillards en perdition. Mrs Palfrey résiste de son mieux, à la fois lucide et décidée à nourrir chaque occasion d’éprouver de la joie. Un texte qui m’a rendue mélancolique.
