Nerona, Hélène Frappat.

Actes Sud.

« Le train de la Mémoire sillonne notre territoire afin d’exalter l’orgueil de notre peuple et de démontrer que chaque réalisation hors du commun de Nerona, depuis l’an 1 de mon élection il y a cinq ans, et jusqu’à l’érection du pont du Confin, exalte les valeurs et l’identité de notre extraordinaire nation.« 

Nerona dirige son peuple, après avoir été élue sur le programme racoleur de son parti FEU (Force, Energie, Union). Elle se fait simplement appeler le Prince, a douze idées délirantes à la minutes, fait promulguer à peu près autant de décrets et entend bien lutter contre les immigrés, les écologistes, peut-être même les incendies.

J’ai d’abord souri en lisant ce court roman qui souligne la folie et la vacuité dangereuses de cette dictatrice ressemblant étrangement à un certain nombre de dirigeants actuels. Les abus de langage, l’égocentrisme et la mégalomanie, la bêtise … tout est raconté en maniant l’ironie. Il est facile de se sentir à la fois effrayée et intelligente en lisant ces pages.
Mais justement je n’ai pas aimé cette facilité et Nerona m’a lassée, son agitation comme cette ironie me semblant vaines là où j’aurais aimé trouver matière à ré – agir.