Une histoire d’ours, Eowyn Ivey.

Traduit de l’anglais par Jacques Mailhos.
Titre original : Black Woods, Blue Sky (2025)
Editions Gallmeister.

« Parce que l’objet de son désir violent, c’était la vie elle-même. L’ombre qui nageait dans les eaux claires. Les baies, les champignons et les racines sauvages – quand vous les portiez à votre bouche en pleine vie et que vous plantiez vos dents dans leur chair, à chaque bouchée que vous avaliez, c’était comme un concentré de lumière qui inondait vos veines.« 

De quoi ça parle ?

Birdie élève seule sa fille Emaleen dans un petit village en Alaska. Elle est serveuse dans une auberge, a tendance à picoler un peu trop et à fricoter avec les clients tout en aspirant à une vie plus légère et plus libre. Lorsqu’elle s’éprend d’Arthur, un homme solitaire qui vit reclus dans la montagne, leur relation en laisse plus d’un perplexe.

Birdie saisit sa chance et part vivre avec lui avec sa fille au cœur de la montagne, s’enivre de nature et d’amour. Son amant est à la fois affectueux et incompréhensible, leur vie rustique et sans confort mais toute cette nouveauté la fait se sentir bien plus vivante. La nature est belle et dangereuse, les ours rôdent parfois alentours … et la sauvagerie n’est jamais loin.

Ce que j’en pense

J’ai beaucoup aimé ce récit qui tresse ensemble nature writing, conte de fées et réalité contemporaine. C’est une histoire d’ours qui convoque autant le réel que l’imaginaire, qui ne cherche jamais à démêler le trouble qu’elle provoque, propose une vision complexe de la vie ensauvagée.

J’ai été autant émue par la beauté des paysages qu’angoissée par les dangers de la nature, fascinée par la double vie d’Arthur qu’inquiétée par la vulnérabilité d’Emaleen.

J’ai beaucoup pensé à Croire aux fauves, le livre-OVNI de Nastassja Martin dont je vous conseille la lecture.