Je pleure encore la beauté du monde, Charlotte McConaghy.

Couverture du livre Je pleure encore la beauté du monde

Traduit de l’anglais par Marie Chabin.
Titre original : Once There Were Wolves. 2021.
Editions Gaïa / Actes Sud.

« Je n’ai jamais aimé me déplacer en voiture la nuit parce que ce monde si vigoureux ressemble alors à une chose béante et vide. Si je m’arrêtais pour m’y enfoncer à pied, ce serait un tout autre monde, rempli de frémissements de vie, de clignements d’yeux fluorescents et de cavalcades de pattes minuscules dans les fourrés.« 

Inti est biologiste, elle est spécialisée dans la réinsertion des loups en Ecosse et s’apprête à relâcher un certains nombres d’animaux dans les Cairngorms. Elle prend en parallèle soin de sa sœur jumelle, totalement dévastée par un traumatisme.
Malgré son côté passionné et grande gueule, Inti est professionnelle. Elle est prête à faire face aux inévitables tensions qui vont surgir avec les habitants et éleveurs que cette réinsertion inquiète.
Mais quand un homme est retrouvé mort déchiqueté dans la forêt, elle panique et planque le corps pour éviter à la meute tout juste relâchée d’être désignée coupable…

Tout au long de ma lecture j’ai pensé à La frontière du loup de Sarah Hall (publié en 2016) et j’ai été perturbée par les similitudes entre les lieux, les situations et les personnages. Cela m’a demandé du temps de m’en abstraire pour plonger véritablement dans ce récit.

J’ai beaucoup aimé les temps de l’enfance passé entre la mère et le père : ils m’ont semblé à la fois justes et saisissants et m’ont permis de ressentir de l’intérêt pour les deux filles. C’est dans ces pages pour moi qu’on pleure encore la beauté du monde.
J’ai trouvé excellent le choix d’avoir donné à Inti une spécificité neurologique qui lui fait ressentir physiquement les sensations physiques des êtres vivants qu’elle observe (humains comme animaux) : cela transforme son appréhension du réel et le « flou » sur qui ressent quoi m’a embarquée en tant que lectrice.

Mon plaisir de lecture a pourtant peu à peu décru avec l’accumulation de sujets et de tensions : c’était trop pour moi. Cela m’a éloignée de la poésie perçue dans le premier tiers du livre et j’ai trouvé la fin à la fois un peu trop spectaculaire et convenue.