La deuxième femme, Louise Mey.

Editions Pocket.

« Sandrine avait ajouté la méchanceté à la liste des choses auxquelles elle devait faire attention. Parce qu’elle savait qu’elle ne pouvait pas être méchante, on ne peut pas se permettre d’être laide et méchante.« 

Sandrine mène une vie solitaire après une enfance humiliée et maltraitée. Elle est attentive à ne pas se faire remarquer et se déteste avec une constance qui lui a été inculquée par son parcours. Lorsqu’elle aperçoit à la télévision le visage d’un homme qui pleure – sa femme vient de disparaître – elle en est profondément émue et part à sa rencontre de façon spontanée.
Miracle, cet homme la regarde, lui parle et semble même la trouver attirante. Toute à ce bonheur imprévu, elle s’installe dans son foyer auprès de lui et de son fils; elle devient la deuxième femme. Pourtant cette ébauche de félicité ne va pas durer, voilà que la première femme réapparaît et que les masques tombent …

Je suis à nouveau bluffée par l’écriture incisive de Louise Mey dont j’avais beaucoup apprécié Petite Sale. Elle nous fait respirer aux côtés de Sandrine, nous immerge dans ses pensées, nous fait palpiter de détestation de soi, d’espoir précieux, de volonté pure, de désarroi. C’est un très bon roman noir, nerveux et limpide.