Lectures

Un homme dans la brume, Dorothy B. Hughes.

Traduit de l’anglais par Simon Baril.

Editions Rivages

“Il vit à nouveau son visage lorsqu’elle passa sous la lumière jaune du réverbère, il vit qu’elle n’aimait pas les ténèbres, le brouillard, l’isolement de cet endroit. Elle s’engagea sur la California Incline, la passerelle qui menait vers la plage ; il l’entendait claquer fort ses talons contre le ciment déformé du trottoir, comme si ce bruit la rassurait.

De retour à la vie civile après le seconde guerre mondiale, deux anciens compagnons d’armes se recroisent par hasard à Los Angeles. L’un est devenu inspecteur de police; il enquête sur l’Etrangleur – un sérial killer qui tue des jeunes femmes. L’autre est ce serial killer, convaincu de sa puissance et de son intelligence, inapte à la vie hors de l’armée, en perte de repère. Un jeu dangereux semble s’engager entre ces deux hommes… à moins que les femmes ne soient pas de simples proies ou potiches ?

J’ai embarqué dans ce roman noir en bonne compagnie dans le cadre du bookclub @palir_au_soleil #cemoiscionlitdorothybhughes et j’ai été agréablement surprise ! Passé le sentiment de naviguer dans un film en noir et blanc des années 50, d’en retrouver tous les codes (en fait, cette auteure a contribué à les inventer vu que le bouquin est publié en 1947 😉) j’ai apprécié d’être constamment dans la tête du tueur avec ce que cela comporte de folie et d’angles morts.
Les scènes en bord de mer, dans la brume ou les ruelles désertes et sombres m’ont frappées par leur justesse : cet homme est définitivement seul. L’importance des sons aussi et l’agression qu’ils peuvent représenter pour un vétéran; la rage qui monte en lui, déclenchée par certains mots ou certaines situations, ses “trucs” pour faire redescendre l’angoisse ou la violence… m’ont placée dans une situation où je ressentais de l’empathie pour un personnage que je rejetais totalement.

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