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Equipée, voyage au pays du réel, Victor Segalen.

Pour ce #lundipoésie un texte singulier tout aussi inspirant qu’agaçant : mi-récit de voyage, mi-monologue philosophique.

Ecrit entre 1914 et 1915 mais publié de façon posthume, Victor Segalen y rapporte un périple en Chine et en fait l’occasion d’un débat sur les forces respectives du réel et de l’imaginaire.
Le monologue est puissant et les images évocatrices… et puis l’auteur tombe dans des considérations misogynes et colonialistes qui hérissent le poil… avant de lancer une idée fertile.
Bref, impossible de savoir que faire et où ranger ce texte mais il m’a ouvert l’esprit et fait bondir ce qui est toujours appréciable 😉
Je vous en partage ici deux extraits.

Ce livre ne veut donc être ni le poème d’un voyage, ni le journal de route d’un rêve vagabond. Cette fois, portant le conflit au moment de l’acte, refusant de séparer, au pied du mont, le poète de l’alpiniste, et, sur le fleuve, l’écrivain du marinier, et, sur la plaine, le peintre et l’arpenteur ou le pèlerin du topographe, se proposant de saisir au même instant la joie dans les muscles, dans les yeux, dans la pensée, dans le rêve, — il n’est ici question que de chercher en quelles mystérieuses cavernes du profond de l’humain ces mondes divers peuvent s’unir et se renforcent à la plénitude.”

« Dans ces centaines de rencontres quotidiennes entre l’Imaginaire et le Réel, j’ai été moins retentissant à l’un d’entre eux, qu’attentif à leur opposition. J’avais à me prononcer entre le marteau et la cloche. J’avoue, maintenant, avoir surtout recueilli le son. »

Merci @unjournaldelecture pour m’avoir donné envie de lire ce texte !

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