Jaune en poésie
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Jaune en poésie

Pour changer un peu la tournure de mes #lundipoésie je vous propose deux ou trois poèmes que j’aime ayant en commun une couleur : aujourd’hui, le jaune !

Les rayons jaunes, Charles Sainte-Beuve (1829)
“Les dimanches d’été, le soir, vers les six heures,
Quand le peuple empressé déserte ses demeures
Et va s’ébattre aux champs,
Ma persienne fermée, assis à ma fenêtre,
Je regarde d’en haut passer et disparaître
Joyeux bourgeois, marchands,

Ouvriers en habits de fête, au cœur plein d’aise ;
Un livre est entr’ouvert près de moi, sur ma chaise :
Je lis ou fais semblant ;
Et les jaunes rayons que le couchant ramène,
Plus jaunes ce soir-là que pendant la semaine,
Teignent mon rideau blanc.

J’aime à les voir percer vitres et jalousie ;
Chaque oblique sillon trace à ma fantaisie
Un flot d’atomes d’or ;
Puis, m’arrivant dans l’âme à travers la prunelle,
Ils redorent aussi mille pensers en elle,
Mille atomes encor.
(…)”

Le jaune des bois, Pablo Neruda (1973) / Traduction Claude Couffon.
Le jaune des bois d’aujourd’hui
est-il celui de l’an d’hier ?

Se répète-t-il, le vol noir
de l’oiseau de mer obstiné ?

Faut-il, là où finit l’espace,
parler de mort ou d’infini ?

Quel poids charge le plus la taille :
les douleurs ou les souvenirs ?


Réplique, Yannis Ritsos (1988) / Traduction Gérard Pierrat.
Entre les chardons sauvages
Une petite fleur jaune d’or
A dit “présent”
Que pouvais-tu faire ?
Tu as dit toi aussi “présent”.
Il y avait même du soleil.

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