Les poèmes de Dan Fante

Un #lundipoésie un peu rugueux et pas toujours aimable avec les poèmes de Dan Fante, poète américain à la vie cabossée.

Le recueil « Bons baisers de la grosse barmaid, poèmes d’extase et d’alcool » est traduit par Patrice Carrer et paru @editionspoints. Il mêle avec vigueur phrase coups de poings bien vulgaires et lyrisme improbable… un alliage vivifiant !
Entre noirceur et désespoir, la joie se faufile…

« 2 Avril 1993

Des morceaux de moi
barrés depuis longtemps
sont de retour

– des endroits
enfoncés trop loin en moi
pour que j’aie voulu y toucher

Des mélodies oubliées
font peau neuve
en retrouvant leurs paroles

Je suis redevenu ce gamin ivre de printemps
qui fonçait à vélo dans les petites rues de New York
devant les bornes d’incendies ouvertes
– trempé jusqu’aux os
lançant ma vie vers un ciel
où Dieu sautait à la corde

Je ne sais trop comment
à cet âge vénérable
j’ai appris à croire
totalement

dans
l’ici
et
le
maintenant
«