Nous serons tempête, Jesmyn Ward.

Couverture Nous serons tempête

Editions Belfond.
Titre original : Let us descend. 2023.
Traduit de l’anglais par Charles Récoursé.

« La toute première arme que j’ai tenue a été la main de ma mère.« 
The first weapon I ever held was my mother’s hand.”

Jeune esclave noire née d’un viol, Annis reçoit de sa mère un double enseignement : celui du combat et celui de la connexion aux esprits de sa lignée. Lorsqu’Annis est séparée de sa mère puis vendue, elle est entraînée de force dans une marche interminable vers les plantations de la Nouvelle Orléans.

Pour survivre dans un environnement où tout ou presque lui est hostile, elle se rattache aux savoirs transmis par sa mère, sa connaissance des plantes et sa connexion aux abeilles. En désespoir de cause et pour redevenir une force qui agit, elle peut aussi convoquer Aza sa grand-mère et l’esprit de la tempête.

La première phrase du roman m’a happée par sa force et son ambiguïté. Je ne l’ai plus lâché ensuite, malgré la pesanteur et l’horreur du récit.
Toutes ces âmes en peine et cette lignée de femmes qui continue de croire qu’un jour « nous serons tempête » m’ont broyé les entrailles.

De la même autrice, j’avais déjà aimé Les moissons funèbres et Le chant des revenants.