• Temps noirs
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    Temps noirs, Thomas Mullen.

    Traduit de l’anglais par Anne-Marie Carrière.Editions Rivages “Si on les contredit, ils vont nous frapper. Si on avoue un délit qu’on a pas commis, on va direct en tôle. Si on se tait, ils vont se foutre en rogne.” La première équipe de policiers noirs d’Atlanta a du boulot plein les bras : les trafiquants d’alcool ne respectent ni prohibition ni ségrégation, les morts se multiplient, le Klu Klux Klan s’embrouille avec un groupuscule néo-nazi, les tensions s’exacerbent dans les quartiers blancs où des Noirs emménagent… Deuxième volume – après Darktown– tout aussi efficace pour ce polar nerveux et psychologique !Merci @papiercrepon pour cette découverte 😊

  • Quatre heures vingt deux
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    Quatre heures, vingt-deux minutes et dix-huit secondes, Lionel Shriver.

    Traduit de l’anglais par Catherine Gibert.@editionsbelfond ” Je n’adorais pas courir. Voilà un tuyau pour toi : personne n’aime courir. Les gens font semblant, mais ils mentent. La seule satisfaction, c’est d’avoir couru. Sur le moment, c’est ennuyeux et pénible, dans le sens où il faut fournir un effort et non parce que c’est difficile de savoir le faire. C’est répétitif. N’espère pas y trouver la révélation de quoi que ce soit.“ Serenata Terpsichore (mais quel nom ! De la musique et de la danse !) a été sportive toute sa vie, jugeant de bon aloi d’entretenir son corps comme un vecteur essentiel de sa liberté. Maintenant âgée d’une soixantaine…

  • En Amérique
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    En Amérique, Susan Sontag.

    Traduit de l’anglais par Jean Guiloineau.Editions Bourgois “J’aime la part de révolte qui est en moi, car j’ai une conscience aigüe de ma facilité à céder, à répondre servilement à l’attente des autres. Comme je lutte contre cette immense part de moi qui est un esprit conquis, impatient d’obéir – une part plus vaste assurément parce que je suis une femme, élevée pour obéir. C’est en partie ce qui m’a attirée vers la scène. Mes rôles m’ont enseigné la confiance et la méfiance. Jouer à été un moyen de vaincre l’esclave en moi.” A la fin du XIXème siècle, l’étoile du théâtre polonais décide de partir pour l’Amérique avec un…

  • Un bref instant de splendeur
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    Un bref instant de splendeur d’Ocean Vuong

    Pour le @prixbookstagram je me suis lancée dans une relecture d’un livre que j’avais adoré en anglais : On earth we are briefly gorgeous, Un bref instant de splendeur d’Ocean Vuong, traduit par Marguerite Capelle et publié aux Editions Gallimard. “Parce que je suis ton fils, ce que je sais du travail, je le sais pareillement de la perte. Et ce que je sais des deux, je le sais de tes mains.” C’était passionnant de revisiter ces émotions dans ma langue natale et de découvrir de nouveaux aspects au texte ! Cette lecture-ci m’aura fait réfléchir à la violence dont on hérite et aux efforts multiples pour la transformer en vitalité ainsi qu’aux…

  • La fille du fermier
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    La fille du fermier, Jim Harrison.

    Traduit de l’anglais par Brice Mathieussant.Editions Folio “Elle croyait percevoir une sorte d’esprit en certaines créatures ou dans certains lieux, mais elle n’était sûre de rien pour les humains qui, selon ses manuels d’histoire, avaient un sombre passé d’assassins.“ Brusquement embarquée dans le Montana par ses parents, une petite fille découvre la solitude et les grands espaces. Elle a pour ami un vieux fermier, son cheval et son chien. Elle grandit en elle-même et se forge un caractère indépendant.Un événement brutal va faire douloureusement sortir la fille du fermier de l’enfance et basculer dans un désir de vengeance. Il est difficile de raconter ce qu’il se passe réellement dans ce…

  • Darktown
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    Darktown, Thomas Mullen.

    Traduit de l’anglais par Anne-Marie Carrière.Editions Rivages “Eux qui avaient survécu jusqu’à l’âge adulte grâce à leur prudence et à leur discrétion, étaient tenus de patrouiller dans Darktown d’un pas lourd, dos droit et menton relevé, alors qu’ailleurs, en civil, ils devaient se faire tout petits, voire transparents.“ Atlanta en 1948 : la ségrégation bat son plein lorsque la ville décide de se doter d’une équipe de policiers noirs. Sans voiture officielle et sans le droit de procéder à une arrestation, ces hommes tentent de réguler un des quartiers noirs de la ville et ce sans se faire brutaliser ou tuer par des blancs. Mais quel polar passionnant ! Une…

  • Petite tortue
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    Petite tortue, Abigail Padgett.

    Traduit de l’anglais par Danièle et Pierre Bondil.Editions Rivages Un jeune enfant maya est empoisonné. Alors qu’il est soigné à l’hôpital Bo Bradley essaie de trouver ses parents. Sa mère, chanteuse à Tijuana, l’avait secrètement fait garder aux États-Unis par des amis pour le protéger. Je dois vous avouer un truc qui m’a bien énervée ! Sur la quatrième de couv’, il est annoncé comme la 5ème roman d’Abigail Padgett et j’ai du coup compris la cinquième enquête de Bo Bradley. Raison pour laquelle je ne le lis que maintenant en espérant finir l’année avec ce cycle. Mais en fait il s’agit de sa 3ème enquête! C’est explicite dans le…

  • Le grand silence
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    Le grand silence, Jennifer Haigh.

    Traduit de l’anglais par Janique Jouin-de-Laurens.Editions Gallmeister Boston, 2002. L’Église catholique va de scandale en scandale. Les prêtres accusés de pédophilie semblent se multiplier et l’opinion publique se met à regarder ces hommes influents comme des prédateurs en puissance.Lorsqu’un de ses frères – prêtre populaire – est à son tour accusé, une jeune femme qui se tenait sciemment à distance de sa famille revient “mener l’enquête” pour en avoir le cœur net. Son autre frère, ancien flic, se lance de toute son énergie dans une démarche similaire.Ils en ressortiront tous deux essorés et ébranlés. J’ai trouvé ce livre très fort. La narratrice tente de rester la plus factuelle possible sans…

  • Denise Levertov
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    Les poèmes de Denise Levertov

    Un #lundipoésie incroyable et une découverte faite grâce @annaayanoglou que je remercie du fond du cœur ! Je viens de me plonger dans l’univers poétique de Denise Levertov, auteure britannique et américaine, grâce à la traduction de Jean Joubert à l’Atelier des Brisants.Je vous partage un poème qui me semble parfait pour la saison et dont j’aime particulièrement la force d’évocation : “Le lit”. “Nous sommes une prairie où bruissent les abeilles,l’esprit, le corps sont presque confonduslorsque le feu s’avive dans le poêleet que nos yeux se ferment,et que, bouche à bouche, blottisdans la tiédeur de la laine,nous dormons comme dorment les chevaux dans l’herbage,à l’unisson. Pourtant l’automne froidenserre notre lit, et pourtant tout…

  • Lectures

    L’oiseau moqueur, Walter Tevis.

    Traduit de l’anglais par Michel Lederer.Editions Gallmeister “C’est arrivé le plus simplement du monde. Je me suis contenté d’ouvrir l’une des centaines de portes de l’immense couloir en acier inoxydable où se trouve mon bureau, et là, au centre d’une petite pièce nue, dans une vitrine, il y avait ce gros livre. J’ai soulevé le couvercle de la vitrine, qui était recouvert d’une épaisse couche de poussière, et j’ai pris le livre. Il était lourd et ses pages étaient jaunes, craquantes au toucher. Le livre s’appelle Dictionnaire. Il contient une forêt de mots.“ En quelques mots : Dans un monde piloté par des robots, les humains ont peu à peu…