Lectures

Aux animaux la guerre, Nicolas Mathieu.

Elle sait bien qu’elle ne sera jamais de ce monde des facilités, aux violences allusives et au moelleux assis. Sa mère a toujours travaillé, elle gagnait moins à la fin qu’au commencement, c’est tout dire. Quant à son père, il a passé sa vie dans les silos, finissant dans un poumon de métal, comme c’est l’usage une fois qu’on a respiré trente ans de poussière de grain. Qu’elle le veuille ou non, Rita appartient à ce monde où les gens meurent au travail. Elle voit ces gens qui ferment leur gueule, encaissent, grattent à la fin du mois et qui ne trouvent presque rien à y redire. Pourvu qu’ils finissent dans leurs murs, le pavillon comme résumé des peines, trente ans de dette et puis crever. Elle en est, quoi qu’elle fasse.”

Un polar noir, paumé et englué dans la crise sociale et économique. Dans les Vosges, une usine va fermer. Autour gravite un monde ouvrier où tout se délite: pas d’horizon, plus vraiment d’idéaux et la certitude d’avoir perdu d’avance. Entre l’impuissance des adultes, la rage et l’inconscience des ados: une jeune prostituée est kidnappée. Et la misère se perpétue…
C’est très sombre, très sensible et juste : un vrai bon roman noir français et actuel !

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