• Lectures

    Ça fait longtemps qu’on s’est jamais connu, Pierre Terzian.

    “Encore enveloppées de rêves, les têtes se dressent. Lentement. Les consciences fragiles. Même les pires garnements sont comme tombés du ciel. Tout échevelés. Assis sur leur matelas. Inoffensifs. Certains viennent directement vers moi, pour un câlin.Juste avant le dodo, je leur criais dessus dessus. Les larmes ruisselaient. On efface tout. On cicatrise. On se paie une deuxième chance.” L’auteur débarque au Québec pour y rejoindre son épouse et y poursuivre son métier d’écrivain. Pour gagner un peu d’argent il commence à faire des vacations dans les garderies Montréalaises et se trouve ainsi plongé sans avertissement dans le tumulte enfantin de la ville. J’ai dégusté ce récit bouillonnant de vie, mêlant…

  • Lectures

    Les besoins artificiels, Comment sortir du consumérisme, Razmig Keucheyan.

    “Une hypothèse formulée par Hartmund Rosa est que le peu de temps dont nous disposons dans nos sociétés de l’accélération pour jouir des biens achetés- par exemple lire un livre- nous conduit à en acheter de nouveaux, dans l’espoir constamment différé que le temps viendra où nous pourrons en profiter enfin.“ De quoi avons-nous réellement besoin ? C’est toute la question que pose ce bouquin qui secoue le cerveau.Il analyse (en s’appuyant sur les théories et réflexions de Marx, Gorz et Heller) comment certains besoins profonds des êtres humains ont été détournés et transformés parfois abusivement par des sociétés structurées autour de la consommation et du profit. Si tous les…

  • Lectures

    Population 48, Adam Sternbergh.

    Traduit de l’anglais par Charles Bonnot. “C’est déjà assez difficile de vivre avec ce que vous avez fait, c’est incommensurablement plus dur de vivre en sachant que vous avez fait quelque chose, sans savoir ce que c’était exactement.“ Dans une petite ville isolée du fin fond du Texas se retrouvent des criminels ou des témoins en danger qui ont choisi de faire effacer une partie de leur mémoire pour prendre un nouveau départ. Ils ne savent plus qui ils sont et, en rejoignant cette communauté, acceptent de n’avoir aucun échange avec l’extérieur. Ils savent également que s’ils partent ils ne pourront pas revenir.La bourgade était relativement paisible jusqu’à ce qu’un…

  • Lectures

    La poésie de Madeleine Riffaud

    En ce #lundipoésie particulier où le déconfinement nous enivre autant qu’il nous angoisse, je vous propose un poème militant pour des lendemains qui chantent.Il est écrit en 1946 par Madeleine Riffaud, poétesse de 21 ans au passé de résistante et d’activiste déjà intense. Elle le dédie à Paul Eluard. “La liberté c’est ce cours d’eauQui vient passer sur ta maison.Tous les gens de la rue y puisent à pleins seauxLes filles fatiguées y viennent se baignerLe soir, quand la sirène ouvre les ateliers.Et l’on y lave, aussi, les vestes de travail..Je te regarde face à faceEt je vois l’eau du fleuveAux hublots de tes yeux..Tu t’en vas sur le fleuve,Avec le fleuve,…

  • Les doux mots du dimanche

    Oniomanie

    J’ai découvert un nouveau mot hier alors je vous le présente pour #lesdouxmotsdudimanche : oniomanie. L’oniomanie n’est pas la folie des oignons – même si sa sonorité pourrait le faire croire – mais la maladie de l’achat compulsif, la “fièvre acheteuse”. Le mot apparaît en Allemagne à la fin du XIXème siècle, construit par le médecin qui identifie ce nouveau trouble avec deux mots grecs : onios, à vendre et mania, obsession. L’oniomanie est une maladie reconnue qui pousse à acheter de façon compulsive. L’addiction ne réside pas dans la possession des objets achetés (qui plonge généralement l’oniomane dans un sentiment de tristesse et de honte post-achat) mais bien dans la quête…

  • Lectures

    Les recettes de la vie, Jacky Durand.

    “Pour moi, tu es le maître du feu; un magicien quand tu fais gonfler la brioche ; un perceur de coffre-fort quand tu ouvres les huîtres ; un roi mage quand tu fouettes la crème Chantilly et que tu fais fondre pour moi du chocolat noir. La cuisine embaume la brioche qui dore et l’orange pressée. C’est la saison des sanguines. Tu les pèles à vif et me laisses placer les tranches sur une assiette. Tu ajoutes quelques gouttes d’eau de fleur d’oranger. Tu dis que ça te rappelle l’Algérie.” Un hommage vibrant d’amour et d’appétit pour un père généreux, plus doué pour la cuisine que pour les conversations intimes.Julien…

  • Lectures

    Where the crawdads sing, Delia Owens.

    “She knew the years of isolation had altered her behavior until she was different from others, but it wasn’t her fault she’d been alone. Most of what she knew, she’d learned from the wild. Nature had nurtured, tutored, and protected her when no one else would.“ Dans les marais de Caroline du Nord vivent une multitude d’animaux et de plantes. Cet écosystème luxuriant et sublime abrite également une enfant abandonnée par sa famille, qui va survivre seule nourrissant les rumeurs et moqueries sur “la fille des marais”. Le roman raconte son histoire, sa passion pour son environnement, son cœur brisé par les abandons et trahisons successives, et sa force impressionnante.…

  • Photographie

    Les portraits de Rineke Dijkstra

    Je n’en reviens pas de ne jamais vous avoir parlé des photos de Rineke Dijkstra pour un #jeudiphotographie ! J’ai fouillé mon fil Instagram et on dirait que je ne vous ai jamais présenté ce livre pourtant déterminant pour moi. J’ai découvert cette photographe hollandaise en 2005 à l’occasion d’une exposition au Jeu de Paume. Ses portraits m’avaient saisie par leur justesse, leur honnêteté et leur mélange de douceur et de brutalité. Sa façon de photographier ses modèles de face, regardant directement l’objectif me plaçait en tant que spectatrice dans une position particulière, comme si la personne photographiée exigeait quelque chose de moi. Un regard à la hauteur de ce qu’elle-même avait…

  • Lectures

    Luke and Jon, Robert Williams.

    “I painted more. I painted because it made my mind blank. It was like falling asleep. Falling asleep without having to dream about my mum. I painted for hours. When I painted I was empty. It helped.“ Un jeune garçon -Luke- et son père viennent s’installer dans une maison plutôt délabrée dans les collines derrière un petit village anglais paumé. Leur mère et épouse vient de mourir et il leur faut à tous les deux du temps et de l’espace pour s’adapter à cette nouvelle réalité.Peu après leur arrivée, un jeune garçon malingre et étrangement vêtu -Jon- se présente à leur porte et une amitié singulière débute. Le récit plein…