• Lectures

    Ces orages là, Sandrine Collette.

    “La nature est le premier modèle de la duperie et de la cruauté, mais cela, ce sont des mots que l’humain a mis dessus : juste, c’est la nature. Il n’y a qu’à suivre son exemple.” Une jeune femme s’échappe d’une relation abusive. Elle tente de reconstruire cœur, corps et âme, de s’inventer une nouvelle vie en dehors de l’emprise. Sera-t-elle suffisamment forte, suffisamment prête si elle recroise le chemin de son bourreau ? Je n’ai pas du tout aimé ce livre. Le sujet est fort et j’étais prête à plonger, à être bouleversée. Au lieu de cela, j’ai été agacée par l’écriture hachée qui m’a semblée cette fois-ci sans…

  • Photographie

    Les photographies de Beth Moon

    Un #jeudiphotographie perché dans les arbres pour songer (et oublier un peu le monde et ses contraintes) avec “Les plus vieux arbres” de Beth Moon. La photographe californienne a parcouru le monde pour admirer les arbres les plus anciens et saisir leur beauté au grand format. Elle travaille ensuite des tirages platine-palladium d’une grande douceur. Témoins du temps qui passe et de la capacité à s’adapter, ces beaux arbres sont très apaisants à contempler. Bonne journée !

  • Lectures

    Nothing man, Jim Thompson.

    Traduit de l’anglais par Julien Guérif. “Je reposais la bouteille. Il en manquait un tiers. Je venais de mourir, pourtant je n’étais pas mort. En écoutant le rugissement de l’océan, je me dis que rien ne pouvait me tuer. J’allais continuer à vivre jusqu’à la fin des temps… comment était-ce possible ? Comment vivre dans un monde de moqueries, de murmures et de pitié ? “ Un journaliste vétéran de guerre est revenu intimement et physiquement amoindri du conflit. Anesthésiant ses angoisses par un humour borderline et un apport d’alcool constant, il est prêt à tout pour conserver son secret … Je ne vous en dit pas plus pour vous…

  • Lectures

    Le plaisir de vivre, Anne Ancelin-Schützenberger.

    “Pour la plupart des médecins psychosomaticiens français, le mauvais moral pourrait entraîner la maladie, mais ils hésitent à accepter l’inverse, qui est qu’en rétablissant l’amour de la vie et l’espoir, le fonctionnement du corps peut s’améliorer, pour arriver éventuellement même jusqu’à la guérison.“ L’auteure est une psychologue et psychothérapeute connue pour avoir développé la pyschogénéalogie en France. La psychogénéalogie interroge les effets sur un individu des secrets ou traumatismes vécus par ses parents, grands-parents ou aïeux. Elle s’appuie notamment sur la notion d’inconscient collectif élaborée par Jung et sur une vision de l’individu comme partie d’un tout familial et sociétal.Dans ce livre, Anne Ancelin-Schützenberger partage surtout sa conviction qu’il y…

  • Lectures

    Duo poétique : Paul Eluard et Maggie Nelson.

    Un #duopoétique évident fait de printemps, d’amour et de douleur à 80 ans d’écart, par-delà les langues et les pays : Paul Eluard et Maggie Nelson. “Je te l’ai dit pour les nuagesJe te l’ai dit pour l’arbre de la merPour chaque vague pour les oiseaux dans les feuillesPour les cailloux du bruitPour les mains familièresPour l’œil qui devient visage ou paysageEt le sommeil lui rend le ciel de sa couleurPour toute la nuit buePour la grille des routesPour la fenêtre ouverte pour un front découvertJe te l’ai dit pour tes pensées pour tes parolesToute caresse toute confiance se survivent.”Paul Eluard, L’amour la poésie, 1929. “Combien de fois ai-je imaginé la bulle…

  • Les doux mots du dimanche

    Lumignon

    Allez : #lesdouxmotsdudimanche s’attarde aujourd’hui ce qui pourrait être un joli mot-valise (qui je le rappelle est un mot formé par la fusion d’au moins deux mots comme vélorution ou alicament par exemple) : lumignon. Un lumignon c’est d’abord le bout allumé de la mèche d’une bougie puis par extension une lampe de faible rayonnement. On peut ainsi déposer un lumignon sur un meuble pour créer une ambiance tamisée ou regarder fasciné(e) le lumignon de la bougie qui vacille…Le mot apparaît tel quel au XIIème siècle et vient du latin populaire lucinium lui-même altération mot latin pour lumière : lux. On peut néanmoins si on le souhaite, et pour revenir aux mots…

  • Lectures

    La singulière tristesse du gâteau au citron, Aimee Bender.

    Traduit de l’anglais par Céline Leroy. “J’avalais de grandes quantités de nourriture et d’émotions. J’avais mes préférences – des familles qui venaient de loin et dont les plats étaient imprégnés des tourments du voyage.“ Une petite fille se découvre un jour une capacité singulière : lorsqu’elle mange, les émotions de toutes les personnes ayant contribué à l’élaboration de sa nourriture la submergent. De l’anxiété du paysan latino-américain ayant récolté les tomates au sentiment de culpabilité de sa mère qui a pris un amant, Rose doit faire face à des sentiments complexes sans être armée ni véritablement accompagnée pour les analyser. Ce don ressemble plus à une malédiction…Elle découvre bientôt que…

  • Photographie

    Souvenirs de Berlin Est, Sophie Calle.

    J’ai déjà dit mon amour pour Sophie Calle, ses idées fortes et poétiques, sa persistance et sa vulnérabilité transformée en armure. Elle travaille depuis longtemps sur la thématique de l’absence, du creux, de la trace laissée. J’ai redécouvert avec plaisir son petit livre “Souvenirs de Berlin Est” qui investigue cette thématique sous un angle qui mêle décision politique et souvenirs personnels. Sophie Calle est partie à Berlin Est photographier les monuments déboulonnés ou marqueurs politiques effacés à la chute du régime communiste.Elle photographie le piédestal vide, la trace de la plaque de rue arrachée … puis s’en va à la rencontre des habitants pour recueillir leurs témoignages sur le monument…

  • Lectures

    Les belles personnes, Chloé Cruchaudet.

    Le festival BD de Lyon a proposé à Chloé Cruchaudet de faire le portrait de personnes faisant du bien autour d’elles. L’auteure a alors fait un appel à témoignages écrits et s’est inspirée des lettres reçues pour dessiner les histoires de ces personnes. C’est donc quatorze petites lumières que l’on découvre au gré des pages : un frère schizophrène, une professeure de philosophie, un inconnu sous un abribus, une infirmière de néonatalogie, une voisine alchimiste… J’ai beaucoup aimé l’idée et certaines des séquences dessinées mais le dispositif m’a globalement un peu laissée sur ma faim. Je pense que cette idée pouvait facilement fonctionner sur des réseaux sociaux comme Instagram et…