• Les doux mots du dimanche

    Sincère

    Pour #lesdouxmotsdudimanche, un adjectif finalement assez peu utilisé : sincère. Est sincère la personne qui exprime ses pensées et sentiments véritables, qui se présente telle qu’elle est, avec bonne foi. Et sont donc sincères les idées ou sentiments réellement éprouvés, pensés ou exprimés.Point de feinte ici, d’hypocrisie ou de perfidie : la personne et les paroles sont sans dissimulation et sans fard. Le mot vient du latin classique “sincerus” : qui est pur, intact, non corrompu. J’aime cet adjectif simple et sans bagage. Moins utilisé et moins galvaudé que le terme “authentique” qui vante aujourd’hui tout et n’importe quoi, il me touche par son absence de coquetterie. Je vous souhaite des…

  • Pensées

    Disparaître

    Cette semaine la proposition de @devenez_qui_vous_etes était de se prendre en photo chaque jour puis de poursuivre cet autoportrait par un collage, haikus, dessin ou texte…Je suis une grande passionnée des autoportraits : j’admire ceux faits par les autres et je me sers des miens pour me défouler. Ces derniers jours pourtant, impossible de trouver l’envie de jouer le jeu.Du coup, j’ai écrit un court texte. “Ma recette pour disparaître Toujours commencer par ce qu’il faut fairePuis réfléchir à ce qu’il faudra faire pour, peut-être, prendre un peu d’avancePenser au travail à accomplir, aux services à rendre,Calculer ses déplacements pour les optimiser. Donner de l’amour, pleinement, follement, sans regarder à la dépenseS’émerveiller…

  • Lectures

    La vie pieds nus, Alan Pauls.

    Traduit de l’espagnol par Vincent Raynaud.Editions Bourgois “(…) le type de plaisir sublime que la plage ne fournit que lorsque deux corps brûlés au soleil se glisse dans un lit à peine fait et s’enlacent dans ce paradis propre, frais et simple, de draps de coton blanc.“ Une méditation sur la plage, seul lieu où les corps dénudés sont la norme, décor rêvé ou cauchemar touristique, espace de l’enfance et de la drague adolescente…L’auteur mêle ses souvenirs, réflexions historiques, sociologiques et culturelles. Bon ben c’est un flop pour moi. Je me suis ennuyée en lisant ce livre alors que j’espérais une lecture savoureuse. J’ai trouvé les propos assez convenus, plutôt…

  • Lectures

    Juillet je voyage en livres : Nouvelle-Zélande

    Youpi, c’est reparti ! Je joue pour la 4ème année avec @riendetelque et son très beau #juilletjevoyageenlivres et je vous embarque aux antipodes : direction Aotearoa – la Nouvelle-Zélande – et ses merveilles ! Comme pour tout pays colonisé, difficile de faire une sélection qui ne reflète pas l’histoire du pays et j’ai été bien en peine de vous proposer des bouquins d’auteur(e)s maori(e)s. Je suis d’ailleurs preneuse de vos conseils. Le pays du dauphin vert d’Elizabeth Goudge. Un récit d’amour et d’aventure assez désuet très agréable à lire, parfait pour s’évader cet été !1840. Un jeune homme quitte les îles anglo-normandes pour la nouvelle Nouvelle-Zélande. Une fois établi, il écrit à ses anciens…

  • Lectures

    Au cœur du Yamato, Aki Shimazaki.

    Editions Actes Sud “À côté, mon neveu Satoshi fait ses devoirs. Devant lui sont posés un atlas du monde, un livre de géographie et une boîte de crayons de couleur. Il lit le livre, la tête baissée. Un instant, mon regard se fixe sur le petit grain de beauté au bas de sa nuque. Tout noir, son contour se détache nettement sur la peau brun pâle.” Après une série de lectures assez éprouvante j’ai plongé avec délices dans cette pentalogie d’Aki Shimazaki. Une auteure que @lasemeusedelivres m’avait fait découvrir et qui m’avait à la fois fascinée et apaisée. C’est à nouveau une lecture parfaite, toute en délicatesse et en mesure.L’écriture est concise…

  • Lectures

    La fatigue du matériau, Marek Šindelka.

    Traduit du tchèque par Christine Laferrière.Editions Syrtes “D’une manière ou d’une autre, c’était trop : cette maison étrangère, le fleuve, cette pierre gelée dans la terre, l’odeur de ces feuilles, ce bout de bois, la manche humide, ce vent terrible qui mordait de plus en plus profondément dans son corps et contre lequel il était tout à fait impuissant. D’une manière ou d’une autre, c’est trop, se dit-il, et tout s’embruma un moment.“ Deux frères fuient leur pays de façon clandestine. On ne sait pas très bien d’où ils partent avec l’Europe comme ligne de mire mais on les suit dans cette épopée violente et puissamment intemporelle.Ils ont peur, ils…

  • Lectures

    Aller simple, Erri de Luca

    Un #lundipoésie avec les mots d’Erri de Luca dans son recueil Aller simple, en version bilingue et traduit de l’italien par Danièle Varlin.Editions Gallimard Des textes assez mélancoliques, parfois même un peu amers, dont la simplicité et l’acuité sont touchantes.Je vous partage le poème Deux. “Quand nous serons deux nous serons veille et sommeil,nous plongerons dans la même pulpe comme la dent de lait et la deuxième après, nous serons deux comme sont les eaux, les douces et les salées,comme les cieux, du jour et de la nuit,deux comme sont les pieds, les yeux, les reins,comme les temps de la pulsationles coups de la respiration.Quand nous serons deux nous n’aurons pas de…

  • Les doux mots du dimanche

    Fulminer

    Pour #lesdouxmotsdudimanche un mot théâtral : fulminer. Fulminer c’est, au sens premier, lancer de la foudre. Une compétence bien particulière naturellement réservée aux dieux 😉Au figuré, c’est exploser de colère généralement en pestant à voix haute… une compétence relativement bien maitrisée par la plupart des humains. En chimie, fulminer veut tout simplement dire exploser alors qu’en droit canonique (et hop revoilà la divinité) cela veut dire condamner formellement.Une personne fulminant aisément sera appelée un fulminateur ou une fulminatrice. Le mot vient directement du latin “fulminare” pour dire “jeter la foudre”. Et vous, tonnez-vous fréquemment tel un dieu ou une déesse?Vos fulminations sont-elles des colères mises en scène ou des exaspérations morales durables…

  • Pensées

    La ville en vacances

    Cette semaine la proposition de @devenez_qui_vous_etes était, à partir de l’image proposée, d’imaginer une ville, ses personnages et leurs occupation. Je me suis projetée dans la photographie et j’ai rédigé ce court texte. “Je les entends comme une rumeur. Ils passent et repassent, taches de couleur bavardes.Par bribes je les entends vanter les ruelles et leurs pavés, s’exclamer à propos de la chaleur, apprécier leur glace ou leur boisson, se plaindre d’ampoules ou de courbatures, réclamer l’achat d’une bouée, argumenter pour ou contre un diner au restaurant, prévoir des retrouvailles, évoquer leur journée de plage, rabrouer un enfant plaintif, se lamenter des tarifs élevés, suggérer une sieste crapuleuse, rire d’une répartie, s’interpeller…

  • Lectures

    Tous les noms qu’ils donnaient à Dieu, Anjali Sachdeva.

    Traduit de l’anglais par Hélène Fournier.Editions Albin Michel “Elle est de retour dans la grotte, au bord de ce gouffre sombre où elle a vu danser les lumières bleues, et elle tient dans sa main une corde merveilleusement longue et légère. Elle noue solidement l’une des extrémités autour d’un rocher et jette l’autre dans les ténèbres ; la corde tombe comme une feuille morte.” 9 nouvelles singulières où les individus ont des vies doubles, troubles, entre monde réel et monde imaginaire.Un homme est fasciné par une sirène, une femme est irrésistiblement attirée par une grotte, des jeunes filles violentées envoûtent leurs maris, des septuplées partagent leur douleur, un homme quelconque…