• Lectures

    Karitas, l’esquisse d’un rêve, Kristín Marja Baldursdóttir.

    Traduit de l’islandais par Henrý Kiljan Albansson. ” Comme il y a du mouvement en moi. Une petite braise qui attend qu’on l’enflamme. Ce ne sont pas les grands événements qui changent le monde, mais les petites choses de tous les jours et les mots non-dits. Je peins jusqu’au matin termine le tableau. Je l’avais peint dans ma tête avant de me mettre à l’œuvre.“ Au fond d’un fjord d’Islande, dans un milieu rural marqué par la rudesse des tâches quotidiennes, une petite fille dessine. Son père, disparu en mer, lui a transmis ce don et ce plaisir personnel. Même si sa mère a de l’ambition pour ses enfants et…

  • Lectures

    Nous autres, Evgueni Zamiatine.

    Traduit du russe par B. Cauvet-Duhamel. “Ça va mal. Il s’est formé une âme en vous.”Une âme ? Quel mot étrange et depuis longtemps oublié !« C’est… très grave ? balbutiai-je.— Incurable, tranchèrent les ciseaux.“” Un homme des temps futurs, prénommé D-503 et constructeur d’un vaisseau spatial sur le point de décoller pour aller évangéliser les civilisations extra-terrestres, tient son journal intime. Il y relate sa vie dans un état totalitaire idéal afin d’encourager d’autres société à adopter les mêmes habitudes.Dans sa société le temps et les activités des individus sont organisés heure par heure et se font collectivement, tout est prévisible; les constructions sont en verre transparent pour que…

  • Lectures

    Un poème de Yannis Ritsos

    Après ce week-end solaire j’ai envie d’un #lundipoésie qui le prolonge un peu et j’ai choisi pour vous les mots de Yannis Ritsos, écrits en Mai 1969 sur l’île de Samos.Le poème s’intitule “Crépuscule Marin”.Il est traduit du Grec par Pascal Neveu. “Petite maison de pêcheur près de la route. A la fenêtre,un rideau de cretonne à rameaux. Les pots de géraniumsétaient dehors, au pied du mur. Par la porte entrouverte,on voyait les chaises, la table, la lampe, la bassine,le crucifix brodé, les paniers, la cruche, le double lit,des tapis colorés. Sur le canapé, la grosse femme,lourde, en sueur, immobile, les yeux clos,enroulait une pelote – une grande pelote de laine noire,…

  • Les doux mots du dimanche

    Commotion

    Pour #lesdouxmotsdudimanche un terme aux effets sismique : commotion. Une commotion c’est “une secousse qui perturbe un système organisé”. Cette définition générique permet d’aborder tout à la fois les commotions physiques – ces ébranlements produits dans l’organisme ou dans le système nerveux par un choc violent, direct ou indirect, et entraînant des troubles – ou psychiques – vives émotions positives ou négatives entraînant des changement de comportements.Une commotion peut également être ressentie par un groupe humain, une société et s’apparente alors à un soulèvement ou une révolution. Le terme vient directement du latin “commotio” signifiant « ébranlement, secousse » et au figuré « agitation de l’âme, émotion, perturbation”.Un petit tour dans le…

  • Lectures

    La nuit de l’illusionniste, Daniel Kehlmann.

    Traduit de l’allemand par Juliette Aubert. “Et tout à coup, je comprends. Je comprends pourquoi deux fois cinq font dix, maintenant et toujours et de toute éternité, dans ce monde et dans l’autre. Je contemple le tableau noir avec les marques de craie et les traces du passage de l’éponge, le visage usé de la maîtresse et celui des enfants obtus et endormis, et je sais que je dois graver cet instant dans ma mémoire, l’arracher au temps qui passe. J’ai trouvé là une vérité qui a ses racines dans l’origine du monde, qui ne m’abandonnera pas et sera à mes côtés dès à présent et jusqu’à la fin.” Un…

  • Photographie

    Les photographies de Rachel Seidu

    Un #jeudiphotographie au Nigeria en compagnie des images sublimes d’@rachelseidu ! En noir et blanc ou en couleurs, ses portraits sont majestueux et saisissants. On y trouve toute la force, la détermination et l’intensité des personnes photographiées. Je vous partage deux portraits, ceux d’Amina et Habiba, car il fallait bien choisir mais filez découvrir son compte Instagram et les merveilles qu’il recèle !

  • Lectures

    Les braises, Sandor Maraï.

    Traduit du hongrois par Marcelle et Georges Régnier. “Ils restaient sous le figuier de longues heures et écoutaient la mer dont le bruit leur était familier. Ne bruissait-elle pas comme la forêt chez eux ? L’enfant et la nourrice songeaient que, dans l’univers, tout se tient.“ Un général à la retraite s’apprête à accueillir dans le château familial, au beau milieu de la nature et des forêts, un ami de jeunesse qu’il n’a pas revu depuis 41 ans. Après une partie de chasse décisive celui-ci a en effet disparu sans explication. Depuis, la vie a passé mais les deux hommes semblent avoir attendu ces retrouvailles comme un point d’orgue essentiel…

  • Lectures

    Reading Turgenev, William Trevor.

    A la fin des années 50, une jeune femme se marie pour échapper à l’étroitesse de sa vie dans un petit village rural irlandais et s’installer “en ville” avec son époux plus âgé, commerçant aisé. Hélas, ce mariage l’enfermera un peu plus : son mari est un taiseux encadré par deux sœurs mesquines qui n’acceptent pas la jeune femme.C’est à l’occasion d’une échappée seule à vélo qu’elle re-découvre son cousin dont elle était amoureuse enfant. Leurs solitudes respectives les rapprochent et ils prennent l’habitude se retrouver dans un cimetière abandonné pour observer la nature et lire Tourgueniev. Mais cette éclaircie ne sera que temporaire et le retour à une vie…

  • Lectures

    La poésie d’Aksinia Mihaylova.

    Un #lundipoésie bulgare avec la poétesse et traductrice Aksinia Mihaylova.Je suis tombée sur ce recueil par hasard, en flânant dans le rayon poésie de ma @librairie_la_flibuste et c’est un rayon de lumière que j’ai trouvé entre les pages. Je vous partage le poème “Sans toi” dont la simplicité m’a cueillie et emportée. “Après avoir ramassé les pommes de terrerangé les tomates dans les cageotset libéré les bras fragiles du pommier,j’allume une cigarette et je m’assoisà côté de la plate-bande de basilic.Mes narines larges ouvertesje regarde longtemps les bougies blancheset odorantes du basilic en fleuret je coule lentement au fond du bourdonnementdes abeilles, en léchant le goût du miel —pas encore mûr — collé sur…