• Lectures

    La mort moderne, Carl-Henning Wijkmark.

    Traduit du suédois par Philippe Bouquet. “Nous naissons tous au même âge, n’est-ce pas, pourquoi ne pourrions-nous pas alors aussi tous mourir au même âge ?“ En Suède se tient une réunion, un colloque discret entre médecins, économistes et anthropologues. Ils sont rassemblés pendant deux jours pour discuter de “la phase terminale de l’être humain”… une formulation toute diplomatique pour débattre en fait de la meilleure façon de mettre en place une date de mort obligatoire pour les citoyens et ainsi éviter que les “improductifs” ne consomment trop de ressources dans leur société. Les différents orateurs exposent tour à tour leurs points de vue en convoquant références et exemples historiques,…

  • Lectures

    Les poèmes de Forough Farrokhzad

    Ma médiathèque est une source de découvertes infinies : chaque fois que je ne sais pas ce que je viens y chercher, elle me surprend par une proposition parfaite pour mon humeur… c’est comme cela que j’ai découvert vendredi dernier la poésie de Forough Farrokhzad, poétesse iranienne dont la voix résonne comme celle d’une sœur. Elle se marie par amour à 16 ans, donne naissance à son fils à 17 ans, divorce et perd la garde de son fils à 19 ans, publie son premier recueil de poésie à 20 ans, tourne son premier film à 24 ans. Une vie intense, passionnée, douloureuse et brève puisqu’elle meurt à 32 ans…

  • Les doux mots du dimanche

    Mentor

    Un nom propre devenu nom commun pour #lesdouxmotsdudimanche : mentor. Mentor, au départ, c’est – dans la mythologie grecque, le nom d’un ami très proche d’Ulysse. Un ami avec qui il débat pour mieux décider et à qui, alors qu’il part pour la guerre de Troie, il confie l’éducation de son fils Télémaque. Mentor accompagne donc Télémaque, l’aide à grandir et se former et l’encourage à partir chercher son père lorsque Pénélope se retrouve acculée par ses prétendants. Un mentor c’est donc une “personne servant de conseiller sage et expérimenté à quelqu’un” : pas un professeur, pas un parent, pas un encadrant mais bien un appui qui partage son expérience pour nourrir…

  • Pensées

    Poésie découpée (2)

    Je poursuis mes tentatives sur une belle idée de @lillyandbooks avec un deuxième essai en découpant des mots dans un livre abandonné. “Une chaleur torrideSe concentreDans ma poitrine nueJ’ai brûlé mon âmeDans une danse furieuse.“

  • Lectures

    Manger l’autre, Ananda Devi.

    “Au début, on ne comprend pas très bien. Comment le corps perd ses repères naturels et oublie la légèreté, transforme la lourdeur en présence amie. Comment il s’amplifie et se déforme au jour le jour sans qu’on y prenne garde. J’ai été, bien sûr, hors normes dès ma naissance. J’ai été toute ma vie une anomalie.“ Une jeune adolescente obèse raconte son histoire singulière : un poids de naissance hors normes, un récit familial qui donne de l’ampleur à ce poids remarquable, une mère absente et un père en dévotion devant sa fille, le retrait progressif de la vie sociale extérieure et le basculement vers une vie sociale digitale aux…

  • Lectures

    Félines, Stéphane Servant.

    “Nous sommes en colère! Nous sommes l’étincelle! Nous sommes le feu! Nous sommes amoureuses! Vivantes! Terrifiantes! Extraordinaires! Nous sommes complétement dingues!“ Une mutation transforme les adolescentes en recouvrant leur corps de poils, accentuant leur sensibilité et leur vision nocturne notamment. La société s’affole, pointe du doigt, cherche des coupables, fait de la mutation un virus et s’alarme du nombre croissant d’Obscures. Incomprises, menacées, sans repères pour affronter ce changement elles se rassemblent, cherchent à comprendre, à s’entraider et décident de s’appeler les Félines. Louise est l’une d’entre elles : elle nous livre ici son témoignage, celui d’une lutte pour être pleinement soi-même et contribuer au monde avec sa singularité. Un…

  • Lectures

    Nulle et grande gueule, Joyce Carol Oates.

    Traduit de l’anglais par Claude Seban. “La vie est composée de faits, et les faits sont de deux : Barbants et Cruciaux. J’ai découvert ça toute seule en quatrième. Dommage que je ne puisse pas le breveter !“ Ursula est une adolescente immense, joueuse de basket redoutable, intelligente et un poil cynique. Elle se surnomme elle-même la Nulle. Matt est un adolescent drôle et apprécié de tous, futé et un peu Grande Gueule. Le jour où Matt lance une vanne à propos de poser une bombe dans le lycée tout part soudainement en vrille et il se retrouve embarqué par la police. L’hystérie locale prend une tournure dramatique et il…

  • Lectures

    Les mots de Cesare Pavese

    Un #lundipoésie italien à nouveau avec un texte extrait d’un livre que je vous ai déjà présenté et que j’aime beaucoup de Cesare Pavese. Ce coup-ci, le poème provient de la section “Travailler fatigue”. J’ai choisi de vous présenter “Maternité” mais les textes se répondent beaucoup dans ce recueil et je vous conseille de le feuilleter ! “C’est un homme qui a fait trois enfants ; un grand corpsvigoureux, qui se suffit à soi. Quand on le voit passer,on se dit que ses fils ont la même carrure.Ils sont sortis sans doute des membres de leur père(la femme ne compte pas) complètement formés,trois gaillards comme lui. Mais quel que soit leur corps,pas un…

  • Les doux mots du dimanche

    Palanquée

    Pour #lesdouxmotsdudimanche je vous présente un mot que j’utilise au quotidien mais dont je m’aperçois qu’il n’est pas si connu que ça… palanquée 😊. Une palanquée c’est la marchandise, le contenu que peut soulever un palan sur un bateau et donc sa cargaison. (Un palan c’est un système de poulies.) Toujours dans un univers maritime, la planquée c’est aussi la quantité de poissons déchargée d’un chalutier. Ensuite, par extension, l’expression “il y a une palanquée” veut donc dire qu’il y a une grande quantité de quelque chose. Des palanquées de réunions inutiles, des palanquées de raisons de s’émerveiller, des palanquées de recommandations de lecture 😉 Connaissiez-vous ce mot ? L’utilisez-vous ? Pour…

  • Pensées

    Poésie découpée

    J’avais beaucoup aimé l’idée de @lillyandbooks d’écrire #unpoèmesurlajoue en découpant des mots dans un bouquin abandonné… Je me lance prudemment sans montrer ma joue mais avec des mots qui brûlent pourtant. “A l’insondable noirceurJe foutrais le feuMa bouche Un hurlementDéfiant le ciel et ses nuées.”