• Lectures

    Le journal de ma disparition, Camilla Grebe.

    Traduit du suédois par Anna Postel. “Ici toute douilletterie est bannie. Vous n’avez pas le droit de vous plaindre du village ou de suggérer que vous aimeriez vivre ailleurs, par exemple à Stockholm, surtout pas à Stockholm. Si cette pensée a le malheur de vous traverser, gardez-la pour vous à moins que vous ne vouliez vous retrouver exclu de la communauté aussi vite et inexorablement que les estivants qui disparaissent au mois d’août.“ Le village d’Ormberg est tristement connu pour un crime qui n’a jamais été résolu. 8 ans plus tard un inspecteur et une profileuse experts viennent rouvrir l’enquête. Il sont accompagné de la jeune femme qui avait découvert…

  • Photographie

    Les photos de Pierre Le Gall

    Un #jeudiphotographie sans prétention mais avec de une bien belle intention. Je vous présente un petit livre qui ne paye pas de mine au premier abord : “Gens d’ici, gens d’ailleurs” rassemblant les photos de Pierre Le Gall aux Editions Alternatives. Un projet simple et très ambitieux à la fois : mettre en regard des photos prises en France avec des photos prises de par le monde. Une façon évidente de mettre en avant de façon touchante ou cocasse l’universalité de certaines situations de la vie quotidienne. En deuxième lecture je crois que ce qui me bluffe aussi dans ce projet c’est la capacité de mémoire visuelle qu’il suppose : une façon…

  • Pensées

    Manque

    Ma tête quand je n’ai pas pu lire de la journée…entre la pauvre petite chose sans défense toute ratatinée et le truc à cran qui pique et qui mord si on l’embête 😂 Et vous, le manque de lecture : plutôt désespoir ou plutôt rage ?Ou plutôt zen la dépendance ne passera pas par moi ?

  • Lectures

    Le ghetto intérieur, Santiago Amigorena.

    “Il s’enfermait dans un silence de plus en plus lourd, de plus en plus compact, un silence qui, terré tout au fond de son ventre, avait commencé de grandir comme une tumeur maligne, prenant peu à peu possession de sa poitrine, de ses poumons, de sa gorge, de son crâne.“ Au tout début des années 30 un jeune homme juif quitte la Pologne, il émigre en Argentine où il rencontre l’amour et crée sa propre famille. Il a un travail, des amis, des enfants et des raisons d’être heureux. Mais il a aussi une mère et des frère et sœur restés en Pologne, peu à peu pris dans la nasse…

  • Lectures

    Poème d’automne

    Un #lundipoésie méditatif pour commencer l’automne, saison propice aux lectures mélancoliques. Je vous propose un court extrait du recueil “C’est un temps qui ne se ressemble plus” écrit par Jean-Louis Matharan. Ces poèmes sont publiés aux Editions Rafael de Surtis, éditions situées dans le charmant village de Cordes sur Ciel. “Dans le bois, parfois, le silenceSi fort, si doux, si dense,S’emplit de mille glissements,Résonne de terribles chuchotements,Et, soudain, mon cœur s’effraie,Se fige et s’inquiète de perdre cette paix.”

  • Lectures

    Le tonneau magique, Bernard Malamud.

    Traduit de l’anglais par Josée Kamoun. ” Seulement, il avait pris son visage en plein cœur. Elle avait vécu, elle avait voulu vivre – fait plus que vouloir, du reste, peut-être même regrettait-elle la vie qu’elle avait menée. Elle avait profondément souffert, on le lisait au fond de ces yeux qui ne se livraient pas, et dans cette lumière qui la nimbait, émanait d’elle, brillait en elle, ouvrant des royaumes : voilà ce qui la différenciait des autres. Elle, il la désirait.“ Un recueil de 13 nouvelles situées en l’Italie et aux États-Unis : elles mettent en scène des émigrés juifs alternant entre la figure de l’épicier qui vivote et…

  • Lectures

    Des hommes justes, Ivan Jablonka.

    “Le patriarcat ne suggère aux hommes qu’une palette très restreinte de sentiments : respect pour la fonction-femme, mépris pour la femme impure. C’est aux hommes de s’arracher à cette pauvreté d’âme.” Dans cet essai qui agrège quantité d’informations (anecdotiques ou finement documentées) Ivan Jablonka tente de peindre l’histoire du patriarcat dans le monde, ses effets sur la vie des femmes, les étapes du féminisme et une proposition de réflexion sur ce que pourrait devenir une masculinité moins nocive pour les siècles à venir. Si l’intention est louable et l’effort touchant, cette lecture m’a à la fois exaspérée (les portes ouvertes enfoncées, les anecdotes utilisées sans rigueur pour étayer un argument…

  • Photographie

    Les photos d’Emmett Gowin

    Un #jeudiphotographie plein d’amour et de franchise avec les photographies d’Emmett Gowin. Je connaissais ce photographe pour quelques photos de son épouse Édith. Il a été l’élève d’Harry Callahan ayant lui-même fait de sa femme un sujet clé, le pivot de son oeuvre photographique. Ce très beau livre rassemble les photos d’Emmett Gowin à travers le temps : de sa jeunesse, sa rencontre avec sa femme Édith, leur vie dans l’Amérique rurale, les différents essais d’appareils, les portraits de famille, la nature et les effets de l’industrie humaine, Edith vieillissant… Je suis admirative de la persistance de son regard, de sa façon de creuser le même “sillon” englobant d’un seul regard admiratif…

  • Pensées

    Un détail

    Qu’est ce qui se niche dans les détails ? Pour certains, le Diable, pour d’autres la Beauté. Ce qui semble certain c’est que le détail est riche de possibilités, un terreau fertile qui enflamme l’imagination. Pour moi, d’un point de vue visuel, le détail c’est mon kiff quotidien : une occasion de rire (les chaussettes dépareillées du cadre au costume sans faute dans le rer pour La Défense) de m’émerveiller (la vitalité et la beauté de la feuille de mon pilea), de réfléchir (la signalétique dans les musées) et bien d’autres choses encore… Je m’aperçois tout juste que j’apprécie en fait autant les détails dans les textes : le délice…

  • Lectures

    Brain on fire, my month of madness, Susannah Cahalan

    “I had lost confidence and a sense of self. Who am I? Am I a person who cowers in fear at the back of a spin class, avoiding everyone’s gaze? This uncertainty about who I am, this confusion over where I truly was in the time line of my illness and recovery, was ultimately the deeper source of the shame. A part of my soul believed that I would never be myself, the carefree, confident Susannah, again.“ Une toute jeune journaliste du Washington Post, en bonne santé, se met peu à peu à perdre pied. Elle pleure sans pouvoir se contrôler, fait des malaises, rit de façon irrépressible, devient agressive……