• Lectures

    Disappearing earth, Julia Phillips.

    Au beau milieu du Kamchatka, terre isolée aux confins de la Russie, deux petites filles disparaissent. C’est le point de départ dramatique d’une investigation structurée en 12 mois autour de 12 personnages féminins tous liés – même d’une façon lointaine – à cet événement. J’ai mis du temps à rentrer dans ce roman parce que chaque mois semble d’abord fonctionner comme une nouvelle autour d’un personnage féminin saisi à un moment critique de sa vie. Je n’arrivais pas à comprendre la vision d’ensemble, là où l’histoire s’en allait. Ces portraits sont extrêmement vivaces, souvent poignants. Ce qui m’a le plus frappé c’est finalement la solitude de toutes ces femmes et…

  • Lectures

    Midi, Cloé Korman.

    “En feuilletant un peu la pièce de William Shakespeare je sais aussi que je pourrais trouver cette phrase, prononcée par un naufragé : “Celui qui meurt a payé ses dettes.” Je ne sais pas si c’est vrai. Certaines dettes sont beaucoup trop élevées pour qu’on en vienne jamais à bout.“ Un été à Marseille. Deux jeunes filles de 18 ans animent un stage de théâtre pour enfants au côté d’un metteur en scène local.Entre la découverte de la ville, de la liberté et du désir se faufile en douce une réalité brutale. La réinterprétation de la Tempête de Shakespeare va mettre au jour la violence que subit une petite fille.…

  • Lectures

    Rien n’est noir, Claire Berest.

    “Elle voudrait vivre dans sa poche, tout au fond, toute minuscule bien au chaud, ne respirer que dans les plis de sa chemise, être à son service, tout à ses désirs, ne jamais le quitter, comme une tique, comme une fée, être à lui, être lui.“ Raconter Frida Khalo c’est forcément un délice tant sa vie est intense et brûlante. Frida la ravagée par l’accident, Frida l’énergie vitale incarnée, Frida l’artiste indomptable et sincère, Frida l’amoureuse immense et malmenée, Frida la tête de mule, l’enfant frondeuse et la femme ardente. L’auteure fait le choix de raconter la femme à l’aune de sa passion pour Diego Rivera – l’homme, la joie…

  • Photographie

    Les photographies de Frida Khalo

    Je viens de finir Rien n’est noir de @claireberest (je vous ferai la chronique bientôt) et je me suis dit que c’était le bon #jeudiphotographie pour vous montrer un livre que j’aime particulièrement : Frida Khalo, 401 photographies des archives privées de Frida Khalo. Les images sont variées : photos prises par son père photographe professionnel (autoportraits, études, photos de famille…); photos prises par son entourage et révélant la femme très entourée à la vie sociale intense; photos prises par ses nombreux amis photographes et photos prises par elle-même bien sûr. On y croise la femme, ses oeuvres, ses amis et – bien sûr- l’incontournable Diego, le Crapaud merveilleux. J’aime ce livre car il…

  • Lectures

    Et toujours les forêts, Sandrine Collette.

    A paraître le 31 Décembre. “Peu à peu, les chemins s’effaçaient sois les amas de bois mort, les trajets n’étaient que de longs enjambements et de longs détours. Tout était sec et brûlé. Tout était gris et jaune et brun. Parfois Corentin s’arrêtait devant une ronce calcinée, touchait les épines qui tombaient. En haut des collines, il contemplait le paysage en se retenant de trembler. Le monde était une immense poussière.“ Le monde tel qu’on le connait a disparu, brûlé dans un feu probablement atomique. Les êtres vivants sont tous morts, plus un bruit sur la terre et plus de soleil.Quelques humains cependant ont survécu, dans des caves ou dans…

  • Lectures

    Tempêtes, Andrée A Michaud.

    A paraître en France début Janvier 2020. Bon. Ça va être compliqué de vous brosser en quelques mots le principe de ce livre… Je ne pense pas en avoir saisi le sens au moins jusqu’aux deux tiers. Et après, cela reste confus. Grosso modo le livre est un roman noir marqué à la fois par la violence des éléments naturels (tempête de neige, orages, feu de forêt…) et par les hallucinations des personnages dont on ne sait si elles sont provoquées par une force maléfique ou par leur propension à boire plus que de raison. Le récit est structuré en deux temps: le premier suit une femme venue habiter dans…

  • Lectures

    Ce qu’elles disent, Miriam Toews.

    Traduit de l’anglais par Lori Saint Martin et Paul Gagné. “Si j’ai bien compris, nous, les femmes, avons déterminé trois choses auxquelles nous estimons avoir droit.Lesquelles ? demanda Greta.Nous voulons que nos enfants soient en sécurité, répond Mariche. Elle s’est mise à sangloter doucement, elle a du mal à parler, mais elle poursuit quand même. Nous voulons rester fidèles à notre foi. Nous voulons pouvoir penser.“ Dans une communauté mennonite de Bolivie, les femmes, les adolescentes et les petites filles se réveillent endolories pendant plusieurs années. Elles ont été chimiquement endormies puis violées par certains hommes de la communauté.Sur la base de ce fait réel, l’auteure imagine qu’à l’occasion du…

  • Lectures

    Son corps et autres célébrations, Carmen Machado.

    Traduit de l’anglais par Hélène Papot. “Elle me fascine, c’est tout ce que je peux dire. Elle est accommodante, mais pas à la manière dont je l’étais – dont je le suis. Elle est comme de la pâte, avec une façon de se laisser pétrir qui masque sa robustesse, ses propriétés.“ 8 nouvelles qui enquêtent sur le rapport au corps et au désir entre homme et femme ou femme et femme. Des nouvelles féministes, parfois inquiétantes ou juste déroutantes… Elles ne m’ont pas toutes convaincues mais Le point du mari, Inventaire et Huit bouchées m’ont beaucoup plu et fait réfléchir. Merci @toutcequejaimais et @ledevorateur de m’avoir fait découvrir cette auteure !

  • Lectures

    La poésie d’Albane Gellé

    Un #lundipoésie avec un air de déjà vu je l’avoue… j’avais envie de piocher un autre texte dans cette belle anthologie !Cette fois-ci c’est un poème d’Albane Gellé que je voulais vous faire découvrir pour bien commencer la semaine et le mois de Décembre. “Entre le cœur et les poumons, une clairière,Un abri pour la lumière, ne t’inquiète plusJe vais ouvrir la petite cage, sansPrécipitation, délivrer l’eau du grand barrage.Côté racines c’est du solide, je ne suis pasUne poupée russe, pardon, je t’aime,Me voilà bien revenueAux jours d’ici, à danser vivre et tournoyer,Légère , oiseau, soleil, soleil.”

  • Lectures

    Désintégration, Emmanuelle Richard.

    “J’étais hantée par la question professionnelle depuis mes neuf ans. Elle m’était une angoisse sans nom… J’étais obsédée par les rapports de force. Je ne voulais pas exercer d’autorité ni en subir et je ne voulais pas de pouvoir, j’étais obnubilée par l’idée de trouver une profession qui me positionnerait à la fois ni au – dessus ni au- dessous.” Dans un récit d’autofiction l’auteure partage, à la façon d’un roman d’apprentissage, comment s’est formée sa vision du monde et son écriture. Entre appétit pour la vie et désenchantement, elle montre comment les rapports de classe, leur lot de vexations infimes et quotidiennes peuvent nourrir la rage et la haine.…