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    La mort moderne, Carl-Henning Wijkmark.

    Traduit du suédois par Philippe Bouquet. “Nous naissons tous au même âge, n’est-ce pas, pourquoi ne pourrions-nous pas alors aussi tous mourir au même âge ?“ En Suède se tient une réunion, un colloque discret entre médecins, économistes et anthropologues. Ils sont rassemblés pendant deux jours pour discuter de “la phase terminale de l’être humain”… une formulation toute diplomatique pour débattre en fait de la meilleure façon de mettre en place une date de mort obligatoire pour les citoyens et ainsi éviter que les “improductifs” ne consomment trop de ressources dans leur société. Les différents orateurs exposent tour à tour leurs points de vue en convoquant références et exemples historiques,…

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    Les poèmes de Forough Farrokhzad

    Ma médiathèque est une source de découvertes infinies : chaque fois que je ne sais pas ce que je viens y chercher, elle me surprend par une proposition parfaite pour mon humeur… c’est comme cela que j’ai découvert vendredi dernier la poésie de Forough Farrokhzad, poétesse iranienne dont la voix résonne comme celle d’une sœur. Elle se marie par amour à 16 ans, donne naissance à son fils à 17 ans, divorce et perd la garde de son fils à 19 ans, publie son premier recueil de poésie à 20 ans, tourne son premier film à 24 ans. Une vie intense, passionnée, douloureuse et brève puisqu’elle meurt à 32 ans…

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    Manger l’autre, Ananda Devi.

    “Au début, on ne comprend pas très bien. Comment le corps perd ses repères naturels et oublie la légèreté, transforme la lourdeur en présence amie. Comment il s’amplifie et se déforme au jour le jour sans qu’on y prenne garde. J’ai été, bien sûr, hors normes dès ma naissance. J’ai été toute ma vie une anomalie.“ Une jeune adolescente obèse raconte son histoire singulière : un poids de naissance hors normes, un récit familial qui donne de l’ampleur à ce poids remarquable, une mère absente et un père en dévotion devant sa fille, le retrait progressif de la vie sociale extérieure et le basculement vers une vie sociale digitale aux…

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    Félines, Stéphane Servant.

    “Nous sommes en colère! Nous sommes l’étincelle! Nous sommes le feu! Nous sommes amoureuses! Vivantes! Terrifiantes! Extraordinaires! Nous sommes complétement dingues!“ Une mutation transforme les adolescentes en recouvrant leur corps de poils, accentuant leur sensibilité et leur vision nocturne notamment. La société s’affole, pointe du doigt, cherche des coupables, fait de la mutation un virus et s’alarme du nombre croissant d’Obscures. Incomprises, menacées, sans repères pour affronter ce changement elles se rassemblent, cherchent à comprendre, à s’entraider et décident de s’appeler les Félines. Louise est l’une d’entre elles : elle nous livre ici son témoignage, celui d’une lutte pour être pleinement soi-même et contribuer au monde avec sa singularité. Un…

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    Nulle et grande gueule, Joyce Carol Oates.

    Traduit de l’anglais par Claude Seban. “La vie est composée de faits, et les faits sont de deux : Barbants et Cruciaux. J’ai découvert ça toute seule en quatrième. Dommage que je ne puisse pas le breveter !“ Ursula est une adolescente immense, joueuse de basket redoutable, intelligente et un poil cynique. Elle se surnomme elle-même la Nulle. Matt est un adolescent drôle et apprécié de tous, futé et un peu Grande Gueule. Le jour où Matt lance une vanne à propos de poser une bombe dans le lycée tout part soudainement en vrille et il se retrouve embarqué par la police. L’hystérie locale prend une tournure dramatique et il…

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    Les mots de Cesare Pavese

    Un #lundipoésie italien à nouveau avec un texte extrait d’un livre que je vous ai déjà présenté et que j’aime beaucoup de Cesare Pavese. Ce coup-ci, le poème provient de la section “Travailler fatigue”. J’ai choisi de vous présenter “Maternité” mais les textes se répondent beaucoup dans ce recueil et je vous conseille de le feuilleter ! “C’est un homme qui a fait trois enfants ; un grand corpsvigoureux, qui se suffit à soi. Quand on le voit passer,on se dit que ses fils ont la même carrure.Ils sont sortis sans doute des membres de leur père(la femme ne compte pas) complètement formés,trois gaillards comme lui. Mais quel que soit leur corps,pas un…

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    Tout ce qui est solide se dissout dans l’air, Darragh McKeon

    Traduit de l’anglais par Carine Chichereau. “Les gens parlent comme ils s’habillent, du fond d’une solitude étouffée sous plusieurs couches.“ 1986, catastrophe de Tchernobyl. Un chirurgien se retrouve envoyé sur les lieux pour participer aux opérations de secours, une journaliste que le pouvoir oblige à se taire et à travailler en tant qu’ouvrière se demande comment vivre sans renoncer plus à ses principes, un jeune pianiste prodige tente de devenir un homme sans se renier, un jeune paysan dont le père est mort après avoir travaillé à nettoyer la zone cherche dans la nature une raison de croire en l’avenir. Quatre vies qui vont nous faire cheminer dans la peine…

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    L’autre moitié de soi, Brit Bennett.

    Traduit de l’anglais par Karine Lalechère. “On croit qu’être unique, ça fait de soi quelqu’un d’exceptionnel. Non, ça fait juste quelqu’un de seul. Ce qui est exceptionnel, c’est d’être reconnu et accepté.“ Deux jeunes jumelles quittent soudainement leur ville, une bourgade du Sud des Etats-Unis ayant la spécificité d’être habitée par des Noirs à la peau très pâle et décidé à rester entre eux loin des Blancs mais loin également des Noirs à la peau noire. Une fois rendues en ville elles se séparent. L’une d’entre elle décide de mener sa vie en tant que Blanche et l’autre revient quatorze ans plus tard dans la ville de son enfance avec…

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    Cet œil le ciel, Tim Winton.

    Traduit de l’anglais par Mickaël Korvin. “Le ciel est de la même couleur que les yeux de ‘Man et ‘Pa. De toute façon, quand on regarde assez longtemps comme moi en ce moment avec mon nez pointé, ça ressemble exactement à un œil. Un grand oeil bleu. Qui regarde en bas. Qui nous regarde.” Lorsque Ort Flack a 12 ans son père a un accident de voiture et se retrouve durablement dans le coma. Sa mère s’effondre, sa grand-mère se replie de plus en plus en elle-même et sa sœur adolescente nourrit sa colère contre l’injustice du monde. Ort, gamin doux et rêveur à l’imagination et l’intelligence aigues, chemine donc…

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    La poésie des Premières Nations

    Un #lundipoésie fabuleux avec une anthologie qui est un trésor infini : l’anthologie de poésie des Premières Nations d’Amérique publié aux éditions @w.w.norton  “When the Light of the World Was Subdued, Our Songs Came through , A Norton Anthology of Native Nations Poetry” rassemble les poèmes de plus de 160 poètes de 100 nations amérindiennes différentes. Je me l’étais commandée depuis plusieurs semaines et son arrivée m’a mise en joie !  Le livre est une source incroyable de découvertes : il présente des poèmes du XVIIème siècle au XXIème structuré en cinq grandes zones géographiques, un voyage temporal et spatial dans des cultures d’une richesse longtemps sous-estimée. Textes transmis à l’oral, poèmes rédigés dans les codes européens, vers libres, chants, textes bilingues anglais et…