• Lectures

    Le plaisir de vivre, Anne Ancelin-Schützenberger.

    “Pour la plupart des médecins psychosomaticiens français, le mauvais moral pourrait entraîner la maladie, mais ils hésitent à accepter l’inverse, qui est qu’en rétablissant l’amour de la vie et l’espoir, le fonctionnement du corps peut s’améliorer, pour arriver éventuellement même jusqu’à la guérison.“ L’auteure est une psychologue et psychothérapeute connue pour avoir développé la pyschogénéalogie en France. La psychogénéalogie interroge les effets sur un individu des secrets ou traumatismes vécus par ses parents, grands-parents ou aïeux. Elle s’appuie notamment sur la notion d’inconscient collectif élaborée par Jung et sur une vision de l’individu comme partie d’un tout familial et sociétal.Dans ce livre, Anne Ancelin-Schützenberger partage surtout sa conviction qu’il y…

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    Journal de deuil, Roland Barthes.

    “Je ne souhaite rien d’autre que d’habiter mon chagrin.” L’auteur tient ce journal après la mort de sa mère. Il pose ses saisissements, son chagrin, ses questionnements et tâtonne pour mettre en mots ce qui relève pour lui de l’expérience émotive brute. Le propos est universel, le flux et le reflux de la peine sont perceptibles. C’est un livre-compagnon, une sorte de memento accessible pour naviguer les méandres du deuil.C’est en même temps un témoignage d’une pensée à l’œuvre, une pensée qui essaie de donner forme au maelström de la perte. L’exemple d’un philosophe/sémiologue aux prises avec une expérience intime et qui se sert de ses outils (la pensée et…

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    Libérez votre créativité, Julia Cameron.

    Traduit de l’anglais par Chantal Duchêne-Gonzalez. J’ai décidé de lire ce livre (dont le sous-titre “La bible des artistes” agissait comme un répulsif très efficace jusqu’à lors…) après que @ma_petite_bibliotherapie l’ait mentionné lors d’un stage. Elle en parlait comme d’un livre qui lui avait appris à nourrir son propre artiste en elle avant d’aller nourrir ou aider à développer celui des autres. En Octobre dernier je me suis donc lancée dans la lecture de ce guide pratique qui combine séquences “philosophiques” permettant de se questionner et de mieux connaître l’artiste en soi et exercices pratiques pour jouer, se confronter à ses pensées limitantes et donner de l’espace à sa créativité. Le tout…

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    Mes dix règles d’écriture, Elmore Leonard.

    Traduit de l’anglais par Johanne Le Ray et jeanne Guyon.Illustré Joe Ciardello. “Ne commencez jamais un livre en parlant de la météo.”“N’utilisez jamais de tournures telles que ‘soudain” ou ‘l’enfer se déchaîna’. Cette règle se passe d’explication. J’ai observé que les écrivains qui utilisent le mot ‘soudain’ ont tendance à se laisser un peu déborder par les points d’exclamation.““Si ça a l’air écrit, je réécris.” J’ai adoré ces 10 conseils plein de bons sens et d’impertinence, qui mêlent hommage aux auteurs admirés et coups de pied aux egos des “Grands qui Ecrivent” !Ecrire au plus près du réel, sans se faire mousser, sans renchérir sur les émotions, avec une économie…

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    Dites à l’avenir que nous arrivons, Mathieu Baudin.

    Une combinaison de convictions personnelles et d’intérêts professionnels m’amène à réfléchir depuis un certain temps aux moyens de faire évoluer les comportements collectifs autour des questions environnementales.La menace, la culpabilité et l’anxiété ne m’ayant jamais semblé être des moteurs durables ou fertiles je cherche donc (au gré des rencontres et des lectures) des moyens drôles, ingénieux et joyeux. J’ai lu ce bouquin pour y trouver synthétisés et vulgarisés le cadre de réflexion et la méthode d’action de l’Institut des Futurs Souhaitables, organisme qui s’attache à imaginer et rendre possibles des futurs désirables. Et bien, j’ai trouvé ce bouquin simple et motivant : une bonne introduction pour changer de point de…

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    Le langage de la nuit, Ursula K. Le Guin.

    Traduit de l’américain par Francis Guévremont. “Selon moi, mûrir ne signifie pas vieillir mais se développer : un adulte n’est pas un enfant mort mais un enfant qui a survécu. Selon moi, toutes les plus belles facultés d’un être humain parvenu à maturité sont présentes dans l’enfant, et si on encourage le développement de ces facultés pendant la jeunesse, elles s’exerceront bien, en toute sagesse, chez l’adulte. Si en revanche elles sont réprimées et refoulées au cours de l’enfance, elles ne se développeront pas et compromettront la personnalité de l’adulte. Enfin, selon moi, la faculté la plus profondément humaine, et humaniste, est l’imagination.“ Dans ce recueil d’essais réjouissants l’auteure aborde…

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    Personne ne sort les fusils, Sandra Lucbert.

    “La société, qu’on le veuille ou non, nous rentre dedans. Répétitivement, elle s’incruste, elle nous pioche, elle grave en nous ses marquages.“ De Mai à Juillet 2019 se tient le procès de France Telecom Orange dont les dirigeants sont accusés d’avoir organisé sciemment la maltraitance des salariés, les conduisant parfois à la mort. Le procès est public, les comptes-rendus accessibles.L’auteure les a lu et a été saisie, glacée par le langage des accusés et de leur organisation : un langage froid, machinal où les individus n’existent plus en tant que tels. A ce premier choc s’ajoute la réalisation que le monde de la justice est également gangréné par ce langage…

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    The cost of living, Deborah Levy.

    “When our father does the things he needs to do in the world, we understand it is his due. If our mother does the things she needs to do in the world, we feel she has abandoned us. It is a miracle she survives our mixed messages, written in society’s most poisoned ink. It is enough to drive her mad.” Encore un coup au plexus et au cerveau avec ce deuxième chapitre du récit mi-autobiographique mi-réflexif de Deborah Levy qui poursuit, après “Things I don’t want to know”, son travail sur le fait d’être une femme, qui plus est une mère, et d’écrire aujourd’hui.C’est toujours futé, plein de malice et…

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    L’art d’être libre dans un monde absurde, Tom Hodgkinson.

    // EN VACANCES// Traduit de l’anglais par Corinne Smith. L’auteur tente de nous convaincre de façon – bordélique/british/convaincante/drôle/insensée/absurde/érudite/biaisée/sympathique/enthousiaste – d’abandonner le mode de vie moderne pour revenir à une vie à la fois plus sobre et plus joyeuse.Cultiver son jardin, se laisser porter, vivre à plusieurs, quitter sa banque, apprendre le ukulélé sont autant de conseils qu’il donne et qu’il agrémente de sa relecture du Moyen-âge comme un âge d’or et du protestantisme comme la perversion du catholicisme. J’ai pouffé de rire en lisant cet essai et ce n’est pas si courant !Je trouve l’argumentation souvent de mauvaise foi, le fait de finir les chapitres par une injonction un paradoxe…

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    Tu ressembles à une juive, Cloé Korman.

    “Il me ramène à ce constat : aimer ou ne pas aimer les juifs est devenu, redevenu, un positionnement stratégique au sein de la société française.”  Entre une connaissance qui lui assène qu’elle n’est “pas vraiment une juive” si elle ne fait pas le repas de Pessah et une proche qui l’alerte: “attache tes cheveux sinon tu ressembles à une juive”, l’auteure raconte son expérience d’une judaïté toute personnelle mais, par essence, marquée par l’Histoire. Cela l’amène à évoquer les liens entre racisme et antisémitisme, les mécanismes d’enfermement sociaux et le pouvoir des mots, qu’ils soient destructeurs ou libérateurs.  J’avais été impressionnée par son roman “Midi” à la langue à la fois…