• Lectures

    Le jardin des Finzi-Contini, Giorgio Bassani.

    Traduit de l’italien par Michel Arnaud.Editions Folio “Je ne disposais pas de ce goût instinctif pour les choses qui caractérise les gens normaux. … Ce qui comptait c’était, plus que la possession des choses, le souvenir qu’on avait d’elles, le souvenir en face duquel toute possession ne peut, en soi, apparaître que décevante, banale, insuffisante…. Mon désir que le présent devînt tout de suite du passé, pour pouvoir l’aimer et le contempler à mon aise.” Le narrateur se souvient des Finzi-Contini, une riche famille d’intellectuels juifs vivant un peu à l’écart de la communauté et de la ville. A la fin des années 30 leur maison, la “magna domus”, est…

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    Aller simple, Erri de Luca

    Un #lundipoésie avec les mots d’Erri de Luca dans son recueil Aller simple, en version bilingue et traduit de l’italien par Danièle Varlin.Editions Gallimard Des textes assez mélancoliques, parfois même un peu amers, dont la simplicité et l’acuité sont touchantes.Je vous partage le poème Deux. “Quand nous serons deux nous serons veille et sommeil,nous plongerons dans la même pulpe comme la dent de lait et la deuxième après, nous serons deux comme sont les eaux, les douces et les salées,comme les cieux, du jour et de la nuit,deux comme sont les pieds, les yeux, les reins,comme les temps de la pulsationles coups de la respiration.Quand nous serons deux nous n’aurons pas de…

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    Ancestrale, poèmes de Goliarda Sapienza.

    Un #lundipoésie italien et féminin avec le tout nouveau recueil rassemblant les premiers écrits de Goliarda Sapienza : Ancestrale. Des poèmes des années 50 , publié en édition bilingue par @le.tripode et traduit par Nathalie Castagné. Depuis un mois que ce livre est sorti je lui tourne autour, un peu effarouchée par son prix. Et puis, mon anniversaire et le bookclub d’@palir_au_soleil #cemoiscilonlitgoliardasapienza aidant, j’ai suivi avec délice mon impulsion.Quel bonheur de retrouver les mots ardents de Goliarda, son impétuosité, sa vigueur ! Et toujours, passé le premier assaut des phrases, une douceur poignante.Je vous propose ici trois poèmes qui m’ont saisie et je vous encourage à découvrir les autres. “Si j’avais idée de ton visage,…

  • Lectures

    Les mots de Cesare Pavese

    Un #lundipoésie italien à nouveau avec un texte extrait d’un livre que je vous ai déjà présenté et que j’aime beaucoup de Cesare Pavese. Ce coup-ci, le poème provient de la section “Travailler fatigue”. J’ai choisi de vous présenter “Maternité” mais les textes se répondent beaucoup dans ce recueil et je vous conseille de le feuilleter ! “C’est un homme qui a fait trois enfants ; un grand corpsvigoureux, qui se suffit à soi. Quand on le voit passer,on se dit que ses fils ont la même carrure.Ils sont sortis sans doute des membres de leur père(la femme ne compte pas) complètement formés,trois gaillards comme lui. Mais quel que soit leur corps,pas un…

  • Lectures

    Choses dernières, Umberto Saba.

    Un #lundipoésie profond, charmeur et mélancolique avec les poèmes d’Umberto Saba dans le très beau recueil bilingue “Choses Dernières” paru chez Ypsilon et traduit par Bernard Simeone. Ce poète juif italien a une histoire personnelle intense et douloureuse qui nourrit son attention à la beauté du monde. Entre une enfance marquée par l’absence de son père et l’arrachement à sa nourrice et une vie adulte marquée les deux guerres mondiales (dont une l’aura obligé à fuir de façon répétée avec femme et fille) il aurait pu devenir amer. Sa foi dans la force de l’art et sa découverte de la psychanalyse lui donneront au contraire la force de parler avec simplicité de…

  • Portraits de femmes

    Portrait de femme : Raffaella

    Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir @lucioleetfeufollet pour un sixième #portraitsdefemme partagé!Elle a choisi de nous parler de Raffaella, une des héroïnes de la saga d’Elena Ferrante : “L’amie prodigieuse”. Ce roman retrace les vies parallèles et l’amitié d’Elena et Raffaella, de leur enfance à leurs soixante ans dans l’Italie de la fin du vingtième siècle. Tandis qu’Elena cherche à s’extraire de son milieu social pour en fuir la violence, Raffaella prend la décision d’y rester et s’emploie à y incarner la liberté. En quoi Rafaella est-elle un personnage féminin marquant ?C’est le complexe mélange de force et de fragilité de Raffaella qui en fait une héroïne marquante. Tour à tour épouse, mère et amante,…

  • Portraits de femmes

    Portrait de femme : Modesta

    Quatrième portrait de femmes de fiction qui m’ont nourrie : un personnage énergique et insubmersible dont le destin m’a fait perdre le fil du temps pour mon plus grand plaisir, Modesta l’héroïne L’art de la Joie de Goliarda Sapienza. Modesta est une toute jeune fille sicilienne dont pauvreté et le fait d’être née femme l’oriente vers une vie de soumission. Mais dès les premières pages il est évident qu’elle est surtout née pour transgresser! Entre famille, couvent, noblesse sa volonté la mènera loin, au cœur d’une vie trépidante et singulière. En quoi Modesta est-elle un personnage féminin marquant ?Modesta c’est la vie ! La vie qui remue, s’éparpille, se transforme……

  • Lectures

    Je reste ici, Marco Balzano.

    Traduit de l’italien par Nathalie Bauer.  “Je pensais, pour ma part, qu’il n’y avait pas de plus grand savoir que les mots, en particulier pour une femme. Evénements, histoires, rêveries, il importait d’en être affamé et de les conserver pour les moments où la vie s’obscurcit ou se dépouille. Je croyais que les mots pouvaient me sauver.”  Un paisible village rural autrichien se trouve pris dans la tourmente de l’Histoire et devient tour à tour le jouet de l’Italie fasciste puis de l’Allemagne nazie.  La narratrice est à la fois une mère éperdue à qui on a volé sa fille, une fille admirative de ses parents, une épouse éprise, une institutrice clandestine et surtout,…

  • Lectures

    3ème voyage de juillet…

    C’est parti pour le #juilletjevoyageenlivres ! Je suis ravie d’apporter ma contribution pour la troisième année consécutive à cette belle idée @riendetelque 😊  Et, pour changer un peu, au lieu de vous présenter un pays je vais plutôt vous présenter un lieu, une atmosphère spécifique : des livres se passant sur une île !  J’ai choisi pour vous Plus haut que la mer de Francesca Melandri, Faire surface de Margaret Atwood et Une ile trop loin d’Annika Thor. Trois îles très différentes mais qui ont en commun d’être racontées par des femmes…  Je vous détaille un peu plus les trois titres ci-dessous pour vous mettre l’eau à la bouche et j’attends vos idées…

  • Lectures

    Mr Gwyn, Alessandro Barrico.

    Traduit de l’italien par Lise Caillat. “Il n’avait jamais imaginé qu’un portrait puisse être une manière de reconduire quelqu’un chez lui, justement, il avait toujours cru que c’était le contraire, on faisait des portraits pour afficher une fausse identité, et la rendre comme vraie, évidemment. Qui accepterait de payer pour se faire démasquer par un peintre et pour suspendre chez lui les traits de sa personne qu’il s’escrime à dissimuler tous les jours ?“ Jasper Gwyn est un écrivain au faîte de sa carrière lorsqu’il annonce publiquement qu’il arrête d’écrire des romans. Après un temps de repos et de réflexion, il se rend néanmoins compte qu’il a toujours un besoin…